12 au 14 juin - Changements de dénouement et réécritures de la fin dans le théâtre européen des XVIIIe et XIXe siècles : causes, modalités, enjeux


Colloque international organisé à l’Université d’Uppsala (Suède), Département des langues modernes / Langues romanes, en collaboration avec l’Université de Rouen (CÉRÉdI)

12, 13 et 14 juin 2013

Financement : Marcus Wallenbergs Stiftelse för Internationellt Vetenskapligt Samarbete (la Fondation Marcus Wallenberg pour la collaboration scientifique internationale) avec la participation du CÉRÉdI de l’Université de Rouen et le soutien du Département des langues modernes de l’Université d’Uppsala.

Responsables  : Florence Naugrette (Rouen) et Sylviane Robardey-Eppstein (Uppsala)

Comité scientifique : Olivier Bara (Université Lyon 2), Christian Biet (Université Paris Ouest Nanterre La Défense), Barbara Cooper (University of New Hampshire), Pierre Frantz (Université Paris 4 Sorbonne), Florence Naugrette (Université de Rouen), Sylviane Robardey-Eppstein (Université d’Uppsala), Georges Zaragoza (Université de Bourgogne)

Comité d’organisation : Sophie Guignard, Birgitta Hellqvist, Hans Kronning, Christina Kullberg, Sylviane Robardey-Eppstein, Tony Thorström.

Texte programmatique

Si le dénouement classique a été bien étudié, celui du théâtre des XVIIIe et XIXe siècles reste à explorer, d’autant que le phénomène se confronte alors à de nouvelles données qui infléchissent ses modalités et ses enjeux : multiplication des théâtres, popularisation du public, collaboration théâtrale, progrès des techniques scéniques, essor du spectaculaire, naissance du drame et porosité des genres, traductions et représentations à l’étranger.

La période est jalonnée de nombreux exemples de changements de ou au dénouement, voire de doubles dénouements, à tout le moins d’hésitations, de repentirs et autres tâtonnements autour de la clôture du texte. Changer la fin est alors une pratique courante. En outre, tout le monde s’en mêle : auteurs, collaborateurs, censeurs, directeurs de théâtre, acteurs, adaptateurs, traducteurs, et même le public auquel il arrive de réclamer « un autre dénouement ».

C’est pourquoi nous souhaiterions interroger la tension qui s’exprime entre l’importance accordée au dénouement comme pierre de touche de la pièce, et « l’élasticité » du texte dramatique qui paradoxalement s’accommode, sans trop d’encombre, de transformations clausulaires ne remettant pas forcément en cause les grandes structures, même si parfois au contraire les modifications finales obligent à tout reconstruire.

Il conviendra donc de réfléchir aux causes et aux effets de ces changements sans perdre de vue les moments où ils peuvent intervenir :

- Brouillons préparatoires / écriture (repentirs, remaniements, doubles dénouements, divergences entre collaborateurs)
- Épreuve de la réception par le comité de lecture ou par le directeur du théâtre
- Épreuve scénique (répétitions, contraintes ou inventions scéniques, réticences ou ingéniosité des acteurs)
- Épreuve de la censure préventive
- Épreuve de la représentation (réactions du public, censure répressive)
- Épreuve de la représentation en province
- Épreuve transgénérique (du drame à l’opéra, par ex.)
- Épreuve du temps (reprises, nouvelles créations)
- Épreuve linguistique et culturelle (traductions, transpositions / adaptations étrangères)
- Épreuve de la publication / de la réédition / de la publication posthume.

L’on s’attachera d’une part à évaluer l’impact de ces changements sur l’écriture dramatique et scénique, et, d’autre part, à considérer en quoi ils affectent les conditions de la réception. Quels en sont les enjeux institutionnels, éditoriaux, spectaculaires, littéraires, symboliques, philosophiques, politiques, moraux et idéologiques ? En quoi reflètent-ils ou transforment-ils l’horizon d’attente d’une classe, d’une culture et d’une époque ? Quels codes esthétiques imposent-ils ? Quelles en sont par exemple les incidences structurelles, génériques, scéniques ou émotionnelles, les significations et fonctions subversives ou rénovatrices ?
Prises dans leur dynamique transformationnelle, les séquences finales pourront donner lieu à des observations synchroniques et diachroniques tandis que la variété des approches (tant généticiennes que culturelles, tant textuelles que scéniques) permettra de cerner les enjeux et la complexité du dénouement en une période où s’opèrent de profondes mutations. Il sera dès lors possible de mieux saisir la nature transitoire et ouverte du texte dramatique, tout en mobilisant des questions d’interprétation à partir d’observations formelles et contextuelles.

Les changements au dénouement n’étant pas l’apanage du théâtre français, pas plus qu’ils ne sont celui des théâtres officiels ou « littéraires », on s’intéressera à toutes les aires linguistiques sans restriction générique. On espère ainsi pouvoir réexaminer ou sortir de l’oubli nombre de pièces qui, précisément à cause de leurs réécritures clausulaires plus ou moins problématiques, plus ou moins imposées, plus ou moins conventionnelles ou plus ou moins décisives, suscitèrent indignation, froideur ou enthousiasme.

Langue du colloque : français


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