1829 – novembre 2017


« 1829 »
Sous la direction de Pierre LAFORGUE (Bordeaux III) et Sylvain LEDDA (Rouen-Normandie)
Université de Rouen : novembre 2017

En 1829, F. R. de Toreinx (alias Émile Ronteix) publie une Histoire du romantisme en France, qui propose un tableau de la littérature, des arts et des idées depuis la parution du Génie du christianisme (1801). Parvenu à sa maturité, le romantisme possèderait son histoire et l’année 1829 marquerait le terminus ad quem, ou du moins un certain accomplissement selon une vision téléologique de la création littéraire.

L’histoire littéraire braque le plus souvent ses feux sur des années décisives, marquées par les « événements » que constituent la parution d’un ouvrage d’exception ou la première mémorable d’une pièce de théâtre. Ainsi, dans le progrès des lettres, l’année 1830 emblématise davantage le romantisme français que 1829, même si les spécialistes s’accordent souvent sur la richesse d’une année qui voir paraître des œuvres décisives. Mais 1830, tout ensemble marquée par l’impact (concret et symbolique) d’Hernani et par celui de la révolution de Juillet, apparaît comme le point de mire et de rupture du romantisme. Cette année phare s’impose certes comme une borne politique, mais ne rend que partiellement compte de la réalité de la production littéraire. L’année 1829 trop souvent lue comme la coulisse de 1830, est riche de créations artistiques et offre un terreau fertile pour l’étude du romantisme. Dans un ouvrage déjà ancien (L’Évolution du romantisme : l’année 1826), Christian A. E. Jensen, étudie l’année 1826 en montrant comment cette année marque une orientation dans l’histoire du romantisme. Qu’en est-il de 1829 ?

Il convient de s’interroger sur la perception que les contemporains ont pu avoir de la « littérature moderne », en questionnant le rôle de cette année dans la constitution du romantisme français et européen. Une série de publications et de créations ponctuent cette année ; de même, on observe l’émergence et l’affirmation de formes littéraires ; de nouvelles traductions voient le jour. L’histoire de la presse est marquée par la fondation de deux des plus importants organes de presse de l’époque, la Revue des Deux-Mondes et la Revue de Paris. Dans le domaine littéraire : Henri III et sa cour, Un duel sous Richelieu, Les Orientales, Les Chouans, Le Dernier Jour d’un condamné, L’Âne mort et la femme guillotinée, Le More de Venise, Contes d’Espagne et d’Italie. Cet arrêt sur image n’a rien de statique. Loin de fixer la mobilité et la ductilité qui caractérise l’histoire littéraire, il s’agit d’explorer une année selon les perspectives suivantes :
- L’année 1829 permet-elle de repenser les catégories esthétiques ?
- 1829 : entrée en littérature d’une génération littéraire.
- Derniers mois d’un système politique finissant : quel impact sur la création littéraire ?
- Où en est-on de la définition du romantisme en 1829 ?
- Scandales et évènements littéraires ?
- En quoi l’année 1829 construit-elle à rebours une image du romantisme ?

Ce colloque est le premier volet d’un second qui se tiendra à Bordeaux en 2018.


Visites

130 aujourd'hui
79 hier
297418 depuis le début
2 visiteurs actuellement connectés