Acteurs majeurs de la vie littéraire au XIXe siècle : Alphonse Karr – 15 juin 2017


Journée d’étude dans le cadre des journées consacrées aux « Acteurs majeurs de la vie littéraire au XIXe siècle »
« Alphonse Karr »
15 juin 2017

Comité scientifique et organisation : Françoise Court-Perez, Stéphanie Champeau, Sylvain Ledda.

Une histoire de la littérature ne saurait se contenter d’explorer les grandes œuvres et les auteurs majeurs : elle s’ouvre nécessairement à d’autres espaces culturels afin de rendre plus compréhensibles les enjeux d’une époque. En ce sens, et pour ce qui concerne le mouvement romantique, il semble pertinent de montrer l’importance de certains littérateurs, journalistes, hommes de théâtre, que notre temps a relativement oubliés, les laissant dans l’ombre de leurs illustres contemporains. Ces acteurs de la vie artistique furent décisifs pour l’histoire culturelle et méritent une analyse détaillée.

Après deux journées d’étude respectivement consacrées à Delphine de Girardin et à Arsène Houssaye, le CÉRÉdI propose une journée proposant l’examen de l’œuvre polymorphe d’Alphonse Karr.

Comme bon nombre de ses contemporains nés au début du siècle, Alphonse Karr (1808-1890) qui se veut poète ; c’est pour cela que ce fils de musicien abandonne l’enseignement – il est un temps professeur suppléant sans grand sérieux – et c’est le refus du Figaro de publier ses vers qui lui fait réécrire en prose un long poème ; naît alors Sous les tilleuls, roman qui emporte un immense succès et lui ouvre les portes du Figaro. Dès lors, il participe à la vie journalistique, à l’éphémère Chronique de Paris de Balzac, ou à des revues ou journaux comme Le Corsaire, La Presse, ou Le Siècle. Il devient même directeur du Figaro de 1836 à 1838.

Sa fantaisie, son ironie, sa vivacité, son utilisation de l’autobiographie (sa liaison avec Louise Colet relatée dans Une heure trop tard) innerve des récits divers. En 1939, il commence la série Les Guêpes, revue satirique dont il est le seul rédacteur, « expression mensuelle sur les hommes et les choses, en dehors de toute idée d’ambition, de toute influence de parti », se plaît à moquer avec brio les contemporains.

Une brève ambition politique – il est républicain et défend Cavaignac en 1848 – qui lui fait manquer de peu la députation est cause de son exil après le coup d’État du 2 décembre 1851. Installé à Nice, il s’adonne à la pêche, au jardinage qui sont source de nouveaux écrits comme Voyage autour de mon jardin (1854), et se lance dans l’exploitation de fleurs. Quelques tentatives de reprises des Guêpes montrent un amoindrissement de son vif esprit, particulièrement à l’aise dans les formes brèves. On pourra redécouvrir sur les pôles de son talent particulièrement à l’aise dans l’aire du roman, du journalisme ou de la satire.


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