Camille Chollet


Doctorante

Directeur de thèse : Sylvain Ledda

Titre de la thèse : Le théâtre de Carmontelle, du salon à la scène. 1750-2015.

Inscrite en thèse en 2015

Résumé du projet de thèse

Dans les dernières décennies de l’Ancien Régime, Carmontelle amuse les princes : attaché à la cour du duc d’Orléans, il dessine, réalise des portraits, croquant toutes les personnalités du temps, et écrit en auteur polygraphe : pièces de société, romans, essais. C’est un personnage singulier, à la croisée des arts, des conditions sociales – il est d’extraction humble –, à la croisée de l’Histoire aussi : sa carrière s’étend jusqu’à la Révolution, qui cause sa ruine.
La thèse que nous entreprenons sera consacrée à son théâtre, à partir de 1750, ainsi qu’à sa postérité littéraire et théâtrale. Carmontelle est l’un des auteurs de société qui connaît le plus de succès au dix-huitième siècle ; dans l’histoire littéraire, il est surtout connu pour avoir influencé Musset, qui lui emprunte non seulement la forme du proverbe dramatique, mais aussi des thèmes, des types et jusqu’à des morceaux de dialogue.
Le théâtre de Carmontelle nous intéresse à un double titre, historique et littéraire. Il a fait l’objet d’études menées à la fin des années soixante, à travers deux thèses qui, ne tenant pas compte de sa spécificité d’auteur de société, le confrontent à des critères inadaptés qui ne permettent pas d’en saisir la portée. Plus récemment, dans les années deux-mille, suite au regain d’intérêt porté aux minores, ce théâtre a été examiné par Marie-Emmanuelle Plagnol, qui en livre une analyse fructueuse mais entièrement subordonnée au cadre du théâtre de société dont elle est spécialiste. Or l’œuvre théâtrale de Carmontelle nous paraît présenter une originalité, une modernité parfois étonnantes, ainsi qu’une charge ironique qui mérite d’être reconnue et examinée. La complaisance obligée envers le public du théâtre des salons, cette haute aristocratie à laquelle il tend un miroir, est fréquemment minée par un art du détail dissonant, capable d’introduire la distance. Le dialogue donne l’impression de sonner creux, comme s’il n’avait pour fin que de faire ressortir la futilité, le cynisme dominants. C’est donc une nouvelle lecture de l’œuvre que nous proposerons, ouvrant des perspectives multiples :
Sociologique, dans la mesure où ce théâtre, souvent présenté comme un théâtre-miroir, offre un reflet non seulement des détails matériels de la vie quotidienne, mais aussi des mentalités, dans un contexte de crise des valeurs aristocratiques. L’appartenance de Carmontelle à la cour d’Orléans, son succès au détriment de Charles Collé, ne sont à cet égard pas fortuits.
Documentaire, l’examen approfondi de l’œuvre de Carmontelle, tenant compte de ses conditions d’élaboration et de réception, devant permettre d’enrichir la connaissance du théâtre de société.
Littéraire et historique, l’influence de Carmontelle sur Musset méritant à notre sens d’être réexaminée. Nous aborderons notamment la question de l’origine des fantoches, ces personnages singuliers, absents de la tradition comique : peut-être faut-il la chercher dans l’œuvre de Carmontelle, dont l’écriture repose précisément sur l’évidement des personnages jusqu’à en faire des silhouettes aux réactions mécaniques.
Un aspect important de notre travail comprendra l’attention aux questions de représentation. Carmontelle n’est pas un auteur mort : son influence s’étend au long du dix-neuvième siècle, il passe au vingtième siècle la frontière de la scène publique, entrant au répertoire de la Comédie-Française, puis est ensuite discrètement joué, jusqu’à nos jours. La représentation aujourd’hui d’un texte en apparence entièrement lié à son contexte d’origine pose de très nombreuses questions, et ouvre des pistes d’analyse particulièrement riches.

Parcours académique

2015- : Contrat doctoral. Université de Rouen

2014-2015 : Enseignement dans le second degré

2008-2014 : École Normale Supérieure

2013 : Agrégée de Lettres Modernes

2012 : M2 de Lettres Modernes, spécialité « Recherche », à l’Université de Paris IV-Sorbonne, sous la direction de Pierre Frantz. « Les Proverbes de Carmontelle, une légèreté ambiguë. »

2010 : M1 de Lettres Modernes, spécialité « Recherche », en Littératures comparée, à l’Université de Paris VII-Diderot, sous la direction de Régis Salado.

2008 : Succès au concours d’entrée de L’ENS de la rue d’Ulm. Licence de Lettres Modernes et Licence d’Histoire, obtenues par équivalence à l’Université de Paris IV-Sorbonne.

2005 : Baccalauréat général, série S, au lycée La Colinière de Nantes.

Formation théâtrale

2012-2015 : École Claude Mathieu, école de formation professionnelle de l’acteur et du metteur en scène. Paris.

2010-2012 : Cours Florent


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