20-21 octobre 2011 - Casimir Delavigne en son temps


Colloque international les 20 et 21 octobre 2011

Comité scientifique : Patrick Berthier, Yvan Leclerc, Sylvain Ledda, Florence Naugrette, Georges Zaragoza.

Casimir Delavigne (1793-1843) fait partie de ces célèbrités passées de la lumière à l’ombre. Figure majeure du théâtre de la première moitié du XIXe siècle, ce normand d’origine n’est aujourd’hui plus joué, mais son œuvre occupe une place significative dans le paysage théâtral français. D’abord consacré poète avec les Messéniennes, il voue ensuite une grande partie de sa carrière à l’écriture de tragédies et de comédies, et est adapté à l’opéra. Objet de nombreuses polémiques, Delavigne est connu pour être l’homme du « juste milieu », considéré par la critique comme un romantique modéré par les uns, ou comme un classique aux idées neuves par les autres. À cet égard, le discours que prononce Victor Hugo à l’Académie en 1843 est capital : il situe le dramaturge dans la lignée de Racine ou de Voltaire, mais reconnaît sa capacité à innover.

En leur temps, certaines pièces de Delavigne furent en effet des événements littéraires qui donnèrent lieu à des débats dans la presse : le succès des Vêpres siciliennes, de Louis XI ou des Enfants d’Édouard témoigne du rôle tenu par Delavigne dans le vaste mouvement qui anime la scène romantique. Ses choix d’intrigue relèvent souvent d’une volonté de politiser le théâtre, avec d’autres moyens que Hugo et Dumas. En représentant les vacillements et les violences du pouvoir, Delavigne a témoigné de son intérêt pour la force politique du théâtre, à un moment de l’histoire des idées où tout peut être interprété au prisme des événements contemporains. A-t-il été tenté par « l’école moderne » ? Jusqu’où est-il allé dans les innovations dramaturgiques et scéniques ? Ces questions nous incitent à revenir sur la place de l’œuvre de Casimir Delavigne sous la Restauration et la monarchie de Juillet, et, plus largement dans tout le XIXe siècle. Car il ne fut pas seulement un auteur à succès : il a incarné en son temps une troisième voie possible, entre les « perruques » et les « barbus échevelés ». A sa mort, en 1843, Delavigne est, avec Eugène Scribe, l’un des auteurs les plus appréciés de son temps.

Le but de ce colloque est donc non seulement de relire les œuvres de Delavigne à la lumière de récents travaux sur le théâtre romantique, mais de s’interroger sur les stratégies d’un auteur et les goûts du public. En somme, de réévaluer sa place dans le champ littéraire de l’époque romantique, en tenant compte des déformations que crée l’illusion rétrospective.

Les axes de recherche sont les suivants :

- Approche poétique et dramaturgique : genèse, structures, thèmes, évolution

- Delavigne et l’opéra.

- Représentation du pouvoir, inspiration historique et discours sur l’histoire contemporaine

- Delavigne et les différents régimes politiques

- Jugements des contemporains, rapports et sociabilités avec d’autres artistes

- Delavigne et la Normandie (origines, accueil de son œuvre à Rouen, etc.)

- Delavigne et son public

- Delavigne et les institutions (Comédie-Française, Académie), etc.

- Réception de son œuvre, de son vivant, puis dans l’histoire littéraire, en France et à l’étranger


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