4 au 6 avril - Colloque "Censure et critique"


Colloque international Censure et critique 17e-21e siècles

(organisateurs : Y. Leclerc, L. Macé, C. Poulouin), Université de Rouen/CÉRÉdI 4-6 avril 2013

Comité scientifique : R. Birn (Université de l’Oregon), J.-Ch. Darmon (UVSQ), R. Darnton (Université d’Harvard), M. Leca-Tsiomis (Université Paris Ouest Nanterre), H. Merlin-Klajman (Université Paris III), J.-Y. Mollier (UVSQ), G. Sapiro (CNRS-EHESS)

Depuis l’ouvrage de Reinhart Koselleck, Le Règne de la critique (1959 ; trad. fr., Minuit, 1979), censure et critique apparaissent comme deux concepts a priori irréconciliables : présentée comme issue de la dichotomie opérée par la raison d’Etat après les guerres de religion entre le for intérieur et l’action extérieure, la critique se serait développée dans les élites contre les lois de l’Etat, considérant tout pouvoir de ce dernier – la censure la toute première – comme un abus de ce pouvoir. Pareil schéma fait apparaître censure et critique comme deux activités radicalement antagonistes, sans points communs, et les hommes qui les pratiquent comme des étrangers et des adversaires, inaccessibles aux logiques les uns des autres.

Depuis quelques années, dans le champ des études historiques, la censure a cependant commencé à être envisagée de manière différenciée et ‘positive’. On a ainsi opportunément rappelé qu’il existe non pas une censure mais des formes de censure ecclésiastique/laïque(s) qui ne répondent pas aux mêmes enjeux et surtout que diachroniquement, les règlements et les pratiques évoluent qui, dans le cas de la censure laïque française, par exemple, modifient parfois considérablement l’esprit même de cet acte. D’autres études ont avancé que, dans la France des Lumières mais pas seulement (en Italie aussi par exemple et sans doute plus tôt déjà), cet outil de l’Etat monarchique qu’était la censure devint l’alliée objective des Lumières, structurant l’espace public au moment même où celui-ci émergeait.

À partir de ces acquis, on se propose de déplacer le questionnement dans le champ des études littéraires en interrogeant, à travers le prisme des rapports entre censure et critique et sur la longue durée, la censure comme forme de réception des textes. En jouant sur la polysémie du terme ‘critique’, plusieurs pistes pourront être envisagées :

- d’une part, on pourra revenir sur le sens étymologique du terme en se demandant si la censure n’apparaît pas profondément ‘critique’ en tant qu’elle opère une forme de distinction et on pourra s’interroger sur la fonction de structuration du champ littéraire joué par la censure dans son traitement des textes et des auteurs et/ou dans le discours qu’elle tient sur eux ;

- d’autre part, on pourra questionner les liens entre censure et critique littéraire et sur la porosité parfois observable entre ces deux activités : on s’interrogera sur les ‘lieux’ institutionnels de cette improbable rencontre (notamment les académies mais aussi les périodiques…) ; on pourra étudier la communauté de personnel, de vocabulaire, de méthodes entre censure et critique : la prosopographie des censeurs – de ceux notamment qui furent à la fois censeurs et critiques ou censeurs et auteurs – pourra retenir l’attention ;

- d’un point de vue plus strictement littéraire, on pourra aussi se demander comment censure et critique se positionnent quant aux différentes stratégies développées par les textes (l’ironie, le burlesque, les formes de discours rapportés … pourront par exemple retenir l’attention), quelle place la censure fait aux normes génériques et si ses critères varient en fonction des genres (le théâtre, l’histoire par ex.) ;

- plus généralement, dans l’optique des axes de recherche propres au CÉRÉdI, on questionnera les pratiques herméneutiques des deux pratiques – censure et critique – au regard de la réception des textes.

Adresse URL de référence : http://ceredi.labos.univ-rouen.fr/main/?colloque-censure-et-critique.html


Visites

12 aujourd'hui
135 hier
303788 depuis le début
2 visiteurs actuellement connectés