Se réorienter dans la pensée : femmes, philosophie et arts, autour de Michèle Le Dœuff - 18-19 septembre 2015


Se réorienter dans la pensée : femmes, philosophie et arts, autour de Michèle Le Dœuff
Colloque international et interdisciplinaire organisé par Jean-Louis Jeannelle (Université de Rouen) et Audrey Lasserre (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3)

18-19 septembre 2015 – Paris, Institut protestant de théologie

Qu’est-ce que « se réorienter dans la pensée », se demande Michèle Le Dœuff dans L’Étude et le Rouet ? C’est « s’apercevoir qu’on est en train de se promener quelque part avec une carte qui n’est pas la bonne parce qu’on n’a pas pris en compte où l’on était ». Si s’orienter suppose un principe subjectif pratique et universalisable (distinguer sa droite et sa gauche afin de se situer dans l’espace), se réorienter implique à la fois une intention et une décision plus fondamentales afin, par le trajet fixé, de faire surgir l’espace de référence que l’on se donne. L’Étude et le Rouet est le récit d’un tel geste, à savoir reconnaître qu’en dépréciant les femmes, en les condamnant à n’être qu’un simple objet de réflexion, voire en les excluant, la philosophie « échoue à tenir sa promesse fondamentale de constituer une rationalité-en-commun ». Or s’être malgré tout voulue philosophe, plus encore, avoir fait de cette position marginale l’un des principaux objets de sa pensée, telle fut la réorientation décisive entreprise par Michèle Le Dœuff. À l’heure où la réflexion sur la sexualité et le genre se trouve parasitée par les polémiques nées lors des débats sur le « Mariage pour tous », il est essentiel de revenir sur certaines des étapes qui ont scandé l’histoire de la pensée féministe en France ces trente dernières années. L’œuvre de Michèle Le Dœuff constitue l’une de ces étapes. Son réexamen s’inscrit dans la possible généalogie d’une voie française vers les études sur les sexualités et le genre : une voie française issue des cadres de pensée (la philosophie) et des institutions (l’ENS de Fontenay) les plus traditionnels, mais qui a ensuite emprunté quelques chemins de traverse, hors université et outre-atlantique. C’est donc à s’interroger sur la singularité d’un parcours de chercheuse et sur les objets qui furent les siens que ce colloque invite, afin de participer à une histoire du féminisme à la française, en particulier de son versant philosophique, encore à construire.

Informations pratiques
Institut protestant de théologie, 83 Boulevard Arago, 75014 Paris.
Métro Denfert-Rochereau ou Saint-Jacques.
Entrée dans la limite des places disponibles.

Contact : audrey.lasserre@univ-paris3.fr et jeannelle@fabula.org

Comité scientifique : Christine Bard (Université d’Angers, France), Penelope Deutscher (Northwestern University, États-Unis d’Amérique), Michel Kail (Paris, France), Liliane Kandel (Les Temps modernes, Prix Simone de Beauvoir, France), Marguerite La Caze (The University of Queensland, Australie), Francine Markovits (Université Paris Ouest Nanterre La Défense, France), Nicole Mosconi (Université Paris Ouest Nanterre La Défense, France), André Pessel (IGEN honoraire, France), Anne Simon (CNRS / EHESS, France).

Ce colloque a reçu le soutien de l’Institut Universitaire de France, de l’Université de Rouen, du CRAL (EHESS) et des Archives du féminisme.


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