Édition de la correspondance de Juliette Drouet avec Victor Hugo


Site en ligne : http://www.juliettedrouet.org/lettres

Durant le quadriennal 2012-2015, l’édition collective de la correspondance de Juliette Drouet à Victor Hugo entrera dans une seconde phase, de poursuite des transcriptions, et de lancement de la publication.

Cette correspondance de 50 années (1833-1883) est conservée principalement à la Bibliothèque Nationale, à la Maison Victor Hugo de la Place des Vosges (Paris), et dans diverses autres bibliothèques publiques françaises et étrangères (dont la Pierpont Morgan Library, celles des Universités de Syracuse, de Harvard, et de Yale). Aux 12 années déjà transcrites pendant le quadriennal 2008-2011 (1838, 1843, 1851, 1852, 1858-1865) s’en ajouteront 16 autres (1833-1837, 1839-1842, 1852-1857, 1866-1870), transcrites par des enseignants-chercheurs du CÉRÉdI, des étudiants de master et de doctorat, et vingt-cinq professeurs de lettres de l’Académie de Rouen (dont certains fourniront ce travail dans le cadre d’un master 2), sous la direction de Florence Naugrette, avec le concours scientifique de Marie-Laure Prévost (conservatrice des manuscrits de Hugo à la BnF), Jean-Marc Hovasse (directeur de recherches au CNRS, biographe de Victor Hugo), et Gérard Pouchain (biographe de Juliette Drouet).

Le CÉRÉdI achète à la BnF les fichiers pdf reproduisant le manuscrit, dans un programme d’achat pluriannuel. Les transcripteurs peuvent ainsi travailler commodément sur la part du corpus qui leur est attribuée par Florence Naugrette, directrice du groupe de travail.

Dans le cadre de ce travail collectif, deux thèses seront soutenues pendant le quadriennal, celle de Bénédicte Duthion (attachée de conservation à la Région Haute-Normandie), portant sur l’exil, et celle de Jeanne Stranart, venue au CÉRÉdI de l’Université Paris 3 où elle avait soutenu son master sur Juliette Drouet, et Allocatrice de Recherche depuis septembre 2010, portant sur une comparaison de corpus de trois périodes. A raison de deux ou trois masters soutenus par an, la fin de l’entreprise peut être envisagée pour dans six à dix ans.

Chaque lettre est éditée avec notes manuscriptologiques, notes explicatives (lexicales, biographiques, littéraires et historiques), et renvoi à un glossaire général des noms propres.

La formule de l’édition en ligne permettra de rendre accessible au public cette correspondance inappropriée à l’édition papier, en raison de son importance monumentale. Ainsi sera donnée à découvrir l’intégralité d’une correspondance dont on ne connaît aujourd’hui qu’un dizième, sous forme d’anthologies (Guimbaud, Souchon, Gaudon/Blewer). Ces anthologies font le choix des lettres les plus spectaculaires, correspondant à un moment sublime ou pathétique de la vie de Hugo et Juliette Drouet. Elles ne donnent donc pas une impression adéquate de la réalité de cette correspondance, qui relève également du journal intime. En effet, il s’agit d’un mode d’écriture diariste relevant également du compte rendu et de la confession.

L’intérêt de ce corpus est triple :

- biographique, puisque qu’il délivre des renseignements nouveaux sur la vie de Hugo lui-même et sur ses méthodes de travail (Juliette Drouet est sa copiste et sa première lectrice ; sa correspondance témoigne donc d’une proximité de témoin avec l’œuvre en train de se faire)

- historique, pour l’histoire des mœurs et l’histoire politique. Selon les périodes de la vie de Hugo, ce sont des milliers d’informations sur la vie théâtrale à l’époque romantique, les habitudes du député ou du Pair de France, les coulisses de l’Académie Française, les agissements de Hugo après le coup d’Etat du 2 décembre 1851, la vie quotidienne en exil, les fastes de la vie sénatoriale, qui sont livrées au chercheur.

- littéraire, par la nature hybride de ce corpus, à la fois correspondance et journal intime, et par l’originalité du style de Juliette Drouet épistolière (mélange des genres, variations métaphoriques, création verbale, humour, etc.)

La BnF a l’intention de porter un projet ANR permettant de lancer sur Gallica, avec la publication de ces transcriptions, une collection d’édition de textes manuscrits conservés dans ses fonds. Le CÉRÉdI sera le fournisseur du texte dans cette collaboration, en association avec le CNRS. A supposer que le projet ANR ne soit pas accepté, d’autres débouchés éditoriaux sont envisageables : le site du Centre des Correspondances du CNRS (Brest), le site du Groupe Hugo (Université Paris VII), le site du CÉRÉdI.


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