Figures mythiques féminines de la fin des années 1960 à nos jours : réinvestissements, reconfigurations, décentrements – 16-17 mars 2017


Colloque « Figures mythiques féminines de la fin des années 1960 à nos jours : réinvestissements, reconfigurations, décentrements »
Université François-Rabelais, Tours, 16-17 mars 2017

La « fin des grands récits » caractéristique de la postmodernité n’a certainement pas entrainé avec elle la mort des mythes : le collectif publié en 2000 par Ariane Eissen et Jean-Paul Engélibert a rendu compte de cette résistance du mythe en mettant en lumière, dans différents champs culturels et génériques, ce que les deux auteurs du volume ont appelé la « dimension mythique de la littérature contemporaine ». Mais le réinvestissement de ce matériau mythique s’est à coup sûr transformé en profondeur depuis le dernier quart du vingtième siècle, à la faveur d’une part des débats relatifs à la nature même du mythe qui se sont déployés dans différents champs scientifiques depuis les années 1970, et d’autre part des profondes mutations intervenues dans la perception de l’antiquité gréco-latine à la même période : la fin des empires coloniaux, la montée du féminisme, les interférences croissantes entre culture savante et cultures populaires ont ébranlé la valeur d’exemplarité et d’universalité des modèles culturels issus du monde gréco-romain ; de nouveaux « partages de l’Antiquité », pour reprendre le titre d’un récent numéro de la Revue de littérature comparée (2012) coordonné par Véronique Gély, se sont fait jour, imposant toutes sortes de reconfigurations et de réinvestissements de ces modèles antiques et au premier chef du matériau mythique.

L’objectif de ce colloque est d’explorer ces différents décentrements à partir d’un poste d’observation qui paraît privilégié, celui des figures mythiques féminines. On s’intéressera aux réappropriations créatrices de ces figures mythiques autant qu’à leurs relectures critiques, en s’efforçant de les recontextualiser et de les remettre en perspective sur les plans politique, culturel et esthétique.

On envisagera notamment les axes d’étude suivants :
- relectures des figures mythiques féminines en contexte de remise en question de l’eurocentrisme : promotions, éclipses, métamorphoses, métissages des figures mythiques traditionnelles et mise en concurrence de ces figures avec des mythes issus d’autres cultures ou avec des mythes nouveaux ;
- réinvestissement des figures mythiques féminines dans la perspective des études féministes et en particulier du « revisionnist mythmaking » (Alicia Ostriker), réécritures féministes des figures et des scenarii mythiques de l’antiquité ;
- nouveaux regards portés sur les figures mythiques féminines transgressives ; sur les figures archétypales de la maternité, de la sororité, de la filiation, dans le contexte social et épistémologique d’une redéfinition des liens générationnels et du modèle familial traditionnel ;
- éventuelles spécificités du recours aux mythes féminins dans le contexte d’un usage dominant des mythes anciens, au théâtre en particulier et surtout dans les années 1990, comme moyen de représenter et de penser la violence, l’inhumain, le monstrueux ;
- réécritures des mythes féminins et hybridation : éventuels effets spécifiques de la transgénéricité, de la transmodalisation et de l’intermédialité sur les figures mythiques féminines.

Les contributions pourront prendre la forme d’une étude de cas ou d’une synthèse comparatiste et envisager les différents genres et domaines littéraires sans exclusive ; les confrontations entre représentations littéraires et artistiques (arts plastiques, arts visuels, arts de la scène) seront également les bienvenues.


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