Fontenelle, Montesquieu et la pensée des modernes


Journée d’étude, vendredi 7 avril 2006, sous la direction de Claudine Poulouin

Cette journée d’étude, organisée par C. Poulouin (CÉRÉdI), s’est tenue dans la salle du Conseil de l’Université de Rouen le vendredi 7 avril 2006, après avoir été repoussée plusieurs fois en raison des événements qui touchaient l’Université à cette époque. Pour les mêmes raisons, la décision a été prise de concentrer la table ronde prévue concernant les méthodes de travail, le traitement des sources et le rapport à l’érudition des deux auteurs sur l’intervention à deux voix de C. Poulouin et de C. Dornier : « Sources, documents de travail et critique du passé culturel chez Fontenelle » / « Sources et rapports à l’érudition chez Montesquieu. »

Sont intervenus lors de la Table ronde :

. Nikolaï Kopanev, Conservateur de la « Bibliothèque Voltaire » et directeur du Centre de recherche sur les Lumières à Saint-Pétersbourg,

. N. Cronk,

. Ch. Mervaud,

. F. Bessire,

. Ch. Martin

. F. Troquenet.

L’objectif de cette rencontre étant de réfléchir à l’établissement des notes relatives aux sources, les résultats devant s’inscrire dans le travail d’édition des textes eux-mêmes.

On sait que l’une des difficultés dans l’annotation des textes de Fontenelle et qui fonde son image de « vulgarisateur » désinvolte tient à la quasi absences de références aux sources, de traces du travail de lecture, de manuscrits qui permettraient d’évaluer la genèse des œuvres. Du côté de Montesquieu, en revanche, le gisement documentaire est considérable : outre le Catalogue de sa bibliothèque, nous possédons des notes de lecture, des recueils d’extraits et une correspondance qui n’a rien à voir avec celle, très lacunaire, qu’il nous reste de Fontenelle. En centrant l’enquête sur le violent débat qui occupe le champ culturel, entre les années 1680-1725, et associe la remise en question de la chronologie biblique à celle des miracles et du surnaturel en général, il était possible d’opérer des recoupements et des confrontations entre les deux auteurs, voire, d’éclairer l’un par l’autre.

Il s’agissait donc, dans un premier temps, de cerner la pratique de l’érudition chez les deux auteurs en tenant compte du fait que, si l’on ne veut pas que la recherche des sources soit génératrices d’illusions, il convient de déplacer la question sur les instruments de travail disponibles, voire sur les transmissions orales d’informations (le Spicilège fournit à cet égard de nombreuses allusions à ce type de situation). Il ne suffit pas, en l’absence de référence explicite, de repérer un texte susceptible d’avoir servi de source, il faut encore se demander comment son contenu est parvenu à celui qui le cite. Sur la base d’un relevé des références significatives à ce débat chez les deux auteurs, on a présenté les références et les sources d’informations –attestées, vérifiables ou probables – sous formes de tableaux pour travailler, dans un second temps, sur le remodelage des sources, la critique de leur transmission chez les deux auteurs de façon à montrer comment tous deux prennent leur distance avec un mode d’écriture (libertin) susceptible de provoquer les jeux de reconnaissance et d’achèvement mémorial au bénéfice d’un principe d’ouverture du savoir et de formation du jugement.


Les résultats de cette étude, présentés sous la forme de relevés, de tableaux et d’une liste de mots-clés ne feront pas l’objet d’une publication séparée, mais seront utilisés dans l’édition en cours des Pensées de Montesquieu (dir. Carole Dornier, Université de Caen) et des Œuvres complètes de Fontenelle (dir. Claudine Poulouin).


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