9-11 juin 2011 - Impressionnisme et Littérature


9-11 juin 2011, Colloque international organisé par le CÉRÉdI. Il se situe dans le cadre du Festival Normandie Impressionniste, grand ensemble de manifestations organisé de juin à septembre 2010, à l’initiative de la Région Haute-Normandie.

Comité d’organisation : Yvan Leclerc et Florence Naugrette (CÉRÉdI, Université de Rouen), Gérard Gengembre (Université de Caen)

Comité scientifique : Marianne Alphant (Centre Georges Pompidou), Anne-Marie Bergeret (Musées Eugène Boudin et Erik Satie de Honfleur), Pascal Bonafoux (Université Paris 8), Antoine Compagnon (Collège de France), Jacques-Sylvain Klein (commissaire général du festival), Sylvain Ledda (Université de Rouen), Bertrand Marchal (Université Paris IV-Sorbonne)

En quels termes peut-on poser la question des rapports entre « impressionnisme » et littérature ? La question est d’autant plus stimulante qu’il n’existe pas, à proprement parler, de mouvement « impressionniste » en littérature, du moins en France. C’est pourquoi le colloque cherchera à définir le plus précisément possible les modes d’échange, de commentaire, d’influences réciproques, de méfiance aussi, que la littérature a pu entretenir avec ce mouvement artistique, essentiellement pictural, depuis ses prémisses décelables dès l’époque romantique jusqu’à la Grande Guerre. L’étude portera sur quatre questions liées entre elles :

1- Pour savoir si la notion d’ « impressionnisme » peut avoir un sens en littérature, on se demandera quelle est (ou non) la pertinence d’un geste consistant à appliquer à la production littéraire d’une époque un concept opératoire dans le champ artistique, comme on a pu le faire à d’autres époques, pour le « baroque » par exemple.

2- Les échanges entre artistes et écrivains seront observés dans les formes concrètes de leurs sociabilités, notamment en Normandie, à Honfleur, autour de Boudin et Monet, à Dieppe autour de Renoir, Degas et Blanche, ou à Rouen. On s’intéressera à cette forme particulière de sociabilité que constitue la correspondance entre artiste et écrivain, comme celle de Monet avec Mirbeau.

3- C’est aussi le rapport complexe que les écrivains ont pu entretenir avec le modèle pictural qui nous intéressera. L’Impressionnisme, dans sa période d’affirmation, est contemporain du naturalisme, qui prend précisément pour modèle de représentation la peinture – au même titre que le réalisme –, alors que le Parnasse cherchait ses références dans la sculpture, et que le Symbolisme les trouvera dans la musique. Pourquoi cette position dominante de la peinture dans l’esthétique contemporaine de l’Impressionnisme ? À quels malentendus a-t-elle pu donner lieu ?

On répondra à ces questions en interrogeant tous les lieux où s’est déployé le discours des écrivains sur la peinture contemporaine à l’époque de l’Impressionnisme : dans les textes critiques, bien sûr, mais aussi dans l’œuvre littéraire elle-même, et notamment dans la représentation romanesque de l’univers des peintres contemporains (comme dans Manette Salomon des Goncourt, ou L’Œuvre de Zola). Il s’agira donc d’identifier le plus précisément possible tous les usages, y compris polémiques, de la référence à l’Impressionnisme en littérature.

Programme

1. Problématiques

Bernard VOUILLOUX (U. Bordeaux III) : La notion de « style d’époque », à propos de « l’impressionnisme littéraire ». / Florence DUMORA (U. Paris VII) : « Impressionnisme » au figuré : la passerelle et la métaphore. / Denys RIOUT (U.Paris I) : Sensible, dicible, intelligible. / Marianne ALPHANT (Centre Georges Pompidou) : Impression, séries, prose sans fin. / Nicolas WANLIN (U. d’Artois) : L’impressionnisme poétique : homologie artistique et discours critique (le cas Verlaine).

2. Les écrivains et l’impressionnisme (I)

Alain PAGÈS (U. Paris III) : Zola / Cézanne. / Gisèle SÉGINGER (U. Paris XII) : Zola et l’impressionnisme à l’époque de La Bête humaine. / Nicole SAVY (U. Paris VII) : Sur le portrait de Zola par Manet. / André GUYAUX (U. Paris IV - Sorbonne) : Huysmans et les impressionnistes. / Luzius KELLER (U. de Zürich) : Proust et l’impressionnisme.

3. Les écrivains et l’impressionnisme (II)

Stéphanie CHAMPEAU (U. de Rouen) : Les Goncourt, écrivains impressionnistes dans leur Journal ? / Hélène VEDRINE (U. Paris IV - Sorbonne) : Barbey d’Aurevilly et l’impressionnisme : du « crétinisme dans la couleur » au paysage normand. / Mireille DOTTIN-ORSINI (U. Bordeaux III) : Laforgue et les impressionnistes. / Barbara BOHAC (U. d’Artois) : Berthe Morisot vue par Mallarmé. / Pierre MICHEL (U. d’Angers) : Sur la correspondance de Mirbeau avec Monet.

4. Les écrivains et l’impressionnisme (III)

Augustin de BUTLER (U. Paris VIII) : Les bibliothèques des impressionnistes. / Pascal BONAFOUX (U. Paris VIII) : L’impressionnisme et les malentendus. / Sarah BRUN (U. de Rouen) : Les pièces satiriques sur les impressionnistes (Meilhac et Halévy, La Cigale ; Zacharie Astruc, Les Dieux en vacances). / Julien SCHUH (U. de Reims) : Des écrivains contre l’impressionnisme. / Beate LANGENBRUCH (ENS LSH) : Les pays germaniques et l’impressionnisme littéraire : modalités d’un double transfert culturel.

5. Sociabilités artistiques et littéraires en Normandie

Jacques-Sylvain KLEIN (Festival Normandie Impressionniste) : Les territoires normands de l’impressionnisme. / Caroline MATHIEU (Musée d’Orsay) : Baudelaire-Boudin-Honfleur. / Bénédicte DUTHION (U. de Rouen) : Sociabilités entre artistes et écrivains à Dieppe, autour de Jacques-Emile Blanche. / Corinne TAUNAY (Université Paris 8) : Les Incohérents.


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