Juliette Drouet épistolière – 16-17 octobre 2017


Colloque « Juliette Drouet épistolière »
16-17 octobre 2017
Université de Rouen (CÉRÉdI) / Université Paris-Sorbonne (CELLF)
Bibliothèque nationale de France / Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey

Comité organisateur :
Florence Naugrette (Université Paris-Sorbonne, CELLF, CÉRÉdI)
Françoise Simonet-Tenant (Université de Rouen, CÉRÉdI)

Comité scientifique :
Gérard Audinet (Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey)
Marva Barnett (Université de Virginie, États-Unis)
Chantal Brière (Université Paris-Diderot)
Charles Eloi Vial (Bibliothèque nationale de France)
Jean-Marc Hovasse (CNRS / ITEM)
Philippe Lejeune (Université Paris 13)
Gérard Pouchain (Université de Rouen)
Sylviane Robardey-Eppstein (Université d’Uppsala, Suède)
Guy Rosa (Université Paris-Diderot)
Nicole Savy (Musée d’Orsay)

Argumentaire :

Juliette Drouet (1806-1883), connue pour avoir partagé la vie de Victor Hugo dont elle fut l’actrice, la maîtresse, la compagne, l’âme sœur, et, sur la fin de leurs jours – après la mort de Mme Hugo –, l’intendante, a laissé un témoignage monumental de leur relation, de sa vie dans l’ombre, et de celle de leurs contemporains : 22 000 lettres écrites à Victor Hugo de leur rencontre en 1833 jusqu’à sa mort en 1883. Plusieurs anthologies rendaient déjà accessible environ 1/10e de ce corpus [1] dont la plus grande partie est conservée à la Bibliothèque nationale de France et à la Maison de Victor Hugo de la Place des Vosges. Ce journal épistolaire est le compte rendu quotidien de son emploi du temps et de ses états d’âme, d’abord exigé par Hugo, puis librement consenti. À cette somme s’ajoutent les lettres de Juliette Drouet à sa famille et à ses amis, les témoignages et souvenirs que Hugo lui a demandé de consigner, autres corpus que son biographe Gérard Pouchain a aussi mis au jour [2].

Les 22 000 lettres du journal épistolaire qu’elle écrit en sens unique à l’intention de Victor Hugo sont en cours d’édition sur un site construit et administré à l’Université de Rouen (Tony Gheeraert en est le créateur, Hélène Hôte le webmestre) [3]. Harmonisée et revue par Florence Naugrette, cette édition est l’œuvre d’une équipe de spécialistes de Hugo, enseignants-chercheurs, docteurs et doctorants (dirigés par Jean-Marc Hovasse [4], Florence Naugrette et Françoise Simonet-Tenant), étudiants de master, professeurs de Lettres des académies de Rouen, Paris et Rennes. Ouvert en 2012, ce site propose en juillet 2016 plus de 6 000 lettres, par tranches chronologiques larges permettant d’ores et déjà au lecteur de suivre de longs pans continus, sur toute la durée d’une relation, de ce journal épistolaire dont les fonctions varient au cours du temps. Complété régulièrement, le site devrait d’ici une dizaine d’années fournir la totalité du corpus (aujourd’hui presque intégralement transcrit, en cours de correction et d’annotation), et s’enrichira de nouvelles études.

Le colloque Juliette Drouet épistolière donnera aux membres de l’équipe et aux observateurs extérieurs de cette entreprise l’occasion d’échanger leurs points de vue sur l’intérêt de cette édition : donner accès ouvert sur la toile à une œuvre monumentale autrement impropre à la publication ; mettre au jour une source historique de première main sur la vie de Hugo, sur les conditions d’écriture de son œuvre et sur sa sociabilité artistique et littéraire, mais aussi sur la vie quotidienne et les mentalités au XIXe siècle ; offrir matière à réflexion théorique sur les frontières et parentés génériques entre la lettre et le journal personnel [5], sur la valeur d’une distinction de principe entre diariste / épistolier-écrivain et scripteur ordinaire, sur la dissymétrie de la relation épistolaire correspondant à la polarisation genrée de la relation sociale, économique et affective.

La première journée du colloque, à la Maison Victor Hugo de la Place des Vosges, sera consacrée à l’étude chronologique de ce corpus. La seconde, à la Bibliothèque nationale de France, envisagera des questions transversales.


[1Louis Guimbaud, Victor Hugo et Juliette Drouet d’après les lettres inédites de Juliette Drouet à Victor Hugo et avec un choix de ces lettres, Auguste Blaizot, 1913 ; « Je ne veux qu’une chose, être aimée ». Cinquante lettres de Juliette Drouet à Victor Hugo, Simonne et Jacques Charpentreau (éd.), La Maison de Poésie, 1997 ; Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo [1985], Evelyn Blewer (éd.), Fayard, 2001 ; Mille et une lettres d’amour [1951], Paul Souchon (éd.), Gallimard, 2002 ; Victor Hugo / Juliette Drouet, Cinquante ans de lettres d’amour (1833-1883). Lettres de l’anniversaire, Gérard Pouchain (éd.), Éditions Ouest-France, 2005 ; Lettres inédites de Juliette Drouet à Victor Hugo, Marva A. Barnett et Gérard Pouchain (éd.), PURH, 2012.

[2Gérard Pouchain et Robert Sabourin, Juliette Drouet ou « la dépaysée », Fayard, 1992 ; Juliette Drouet, Lettres familiales, G. Pouchain (éd.), Condé-sur-Noireau, Charles Corlet, 2001 ; Juliette Drouet, Souvenirs (1843-1854), G. Pouchain (éd.), Des Femmes Antoinette Fouque, 2006.

[4Jean-Marc Hovasse, Victor Hugo, Fayard, t. I Avant l’exil, 2001 et t. II Pendant l’exil I, 2008 (t. III à paraître).

[5Françoise Simonet-Tenant, Journal personnel et correspondance ou les Affinités électives, Louvain-la-Neuve, Academia Bruylant, 2009.


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