La Chronologie événementielle


La Chronologie événementielle : une méthode pour le traitement des informations relatives au spectacle vivant, sous la direction de Patrick Taïeb

Le « spectacle vivant » est difficile à saisir pour l’historien, du fait de son caractère éphémère et de sa nature émotionnelle. Il laisse pourtant des traces dont la consistance et la précision sont très variables. Informations sur les organisateurs, les artistes, le public ou les « œuvres », mais aussi comptes rendus ou annonces publicitaires, iconographie, etc., ces traces constituent une base documentaire erratique et difficile à organiser et à exploiter. S’impose donc une méthode systématique de traitement de l’information et de classement des données. Cette méthode, appelée « chronologie événementielle » a été élaborée pour traiter des événements musicaux et théâtraux appartenant à l’histoire culturelle et nationale. Elle présente désormais deux caractéristiques importantes dans la perspective d’une rencontre entre des disciplines et des terrains d’applications venus d’horizons divers : elle a identifié les éléments de base sur lesquels doivent reposer le traitement des données et leur exploitation par l’informatique ; elle est adaptable à des objets artistiques et culturels différents.

La chronologie événementielle se présente d’abord comme une série de chantiers dont chacun est défini par un espace géographique et une séquence chronologique. Chaque auteur ou responsable d’un chantier se porte garant de la cohérence (argumentée) du terrain retenu et de la qualité des ensembles documentaires exploités pour la réalisation d’une monographie. Celle-ci peut porter sur un festival, une ville, une région, une institution, un artiste, etc., dont l’activité est reconstituée pour une période donnée. L’organisation d’un répertoire adopte un ordre chronologique dont l’unité de base est l’événement : un concert, une représentation, etc., donné dans un lieu (une salle, un jardin, une église, une usine), à une date précise et comportant un programme artistique. L’événement fait l’objet d’une fiche autonome numérotée. La numérotation a été préférée à la date car il n’est pas rare que plusieurs manifestations aient lieu le même jour, dans une même ville. La méthode comporte l’articulation entre les contenus des sources (Zone sources : documents d’archives, annonces publicitaires, affiches et comptes rendus ou témoignages) et une zone dans laquelle l’information est normalisée (Zone Uniforme).

L’outil constitué met à la disposition des chercheurs les moyens méthodologiques de traiter en masse et en détail un vaste ensemble de programmes et d’événements. Autrement dit, il permet d’étudier une « vie artistique » dans un espace géographique et temporel donné comme un système dont la vision globale éclaire les faits particuliers. La connaissance systématique des programmes ouvre des champs de réflexion dans plusieurs directions. Répétons-le : la musique, la danse, le théâtre, il faut le répéter, sont des arts vivants. Avant l’apparition de l’enregistrement, sonore ou vidéo, ils n’existaient pour l’amateur que pour autant qu’ils étaient représentés, exécutés, joués. Les programmes sont donc une donnée essentielle de l’histoire culturelle.

Le développement de ce qui a été d’abord une méthode intellectuelle en un système informatique capable de traiter des informations, semblables mais articulées suivant la nature du spectacle appréhendé, est en cours. Il a fait ses preuves pour le théâtre, pour le concert (de 1720 à nos jours, y compris musiques actuelles) et pour l’opéra, et la chronologie événementielle intéresse désormais plus largement à la fois les chercheurs travaillant sur l’éphémère et les institutions accueillant un public.

À Rouen, quatre musicologues et deux historiens travaillent à la reconstitution chronologique depuis quelques années. Aux niveaux national et international, une trentaine de musicologues, historiens et de littéraires (pour un aperçu des programmes voisins ou associés : http://calenda.revues.org/nouvelle16846.html) alimentent des programmes voisins qui n’ont pas encore abouti à une forme électronique satisfaisante et publique. De surcroît, il existe un potentiel national lié à l’application de la méthode à des fins semi-scientifiques ou non-scientifiques. Par exemple, la chronologie événementielle intéresse la Fondation Royaumont et l’Opéra de Rouen pour la réalisation de bases de données interrogeables en ligne (internet et intranet) et concernant leur histoire récente.

Les publications et réalisations achevées portent sur le concert principalement :

. Le Musée de Bordeaux et la musique 1783-1793, dir. P. Taïeb, N. Morel-Borotra, J. Gribenski (Rouen : PURH, 2005)

. Y. Simon, L’Association artistique d’Angers, 1877-1893 (Paris : SFM, 2006) Consultable en ligne sur la base « Événement » du site www.cmbv.com (Centre Musique Baroque de Versailles) Angers 1877-1893 (455 concerts, juin 2006) ; Lyon 1759-1772 (339 concerts, septembre 2006)

. Sylvain Langlois, Les opéras italiens de Rossini, Bellini et Donizetti à Rouen, 1839-1844 (2009, thèse Université de Rouen)

. Bénédicte Percheron, La Vie musicale en Seine-Inférieure pendant la Seconde Guerre mondiale (2007, thèse Université de Rouen)

. Etienne Jardin, Le conservatoire et la ville. Les écoles de musique de Besançon, Caen, Rennes, Roubaix et Saint-Etienne au XIXe siècle (2006, thèse EHESS)

. Joann Élart, Musiciens et répertoires de concert en France à la fin de l’Ancien Régime (2005, thèse Université de Rouen)

Travaux en cours :

. Olivier Morand, Les concerts parisiens sous la restauration

. Cécile Duflo, Les concerts parisiens sous l’Empire

. Myriam La Bruyère, Les lieux de concert à Paris de 1789 à 1815

. Frédéric Sendra, La Salle Hertz

. Amélie Bucelle, La carrière concertante du violoniste Pierre Baillot

. Maxime Margolé, L’Opéra-Comique pendant la Révolution

. Revue de musicologie, no 93/1 (2007)

. AIBM Groupe français, bulletin no 17 (décembre 2009), p. 41-91 (textes de W. Weber, P. Taïeb, H. Lacombe, É. Jardin, J. Élart, Y. Simon et résumé de la table ronde) ; Paris, 1773-1794 (à paraître 2010) ; Paris 1794-1815 (à paraître 2010).

Un certain nombre de travaux sont des mémoires de master de l’Université de Rouen, au nombre de douze, dont certains déboucheront sur une thèse.

Partenaires et participations à des colloques et journées d’études :

AIBM/IAML et Société internationale de musicologie : http://www.ims-online.ch/pdf/amsterdam2009_preliminary_programme.pdf, http://www.aibm-france.org/congres_internationaux/amsterdam_2009/ci09_compte-rendu_3.htm et http://www.iaml.pl/pdf/IAML_Amsterdam_2009_sprawozdanie.pdf)

EHESS : http://musique.ehess.fr/docannexe.php?id=175

Institut de Recherche sur le patrimoine musical de France (UMR 200 du CNRS)

http://chronopera.free.fr/

Université Blaise Pascal de Clermont Ferrant : http://www.univ-bpclermont.fr/article892.html, http://calenda.revues.org/nouvelle16846.html, http://web.mit.edu/hyperstudio/cfr

Centre de Musique baroque de Versailles : http://philidor.cmbv.fr/jlbweb/jlbWeb?html=cmbv/BurAff&path=/corpus/bur/00/10/10.pdf&ext=pdf , http://philidor.cmbv.fr/catalogue/intro-rpcf

Société française de musicologie : http://www.sfmusicologie.fr/index.php?id=67&voir=art_lien_2725#art2725

Centre de musique romantique française et Fondation Bru Zane : www.bru-zane.com/fr-chantiers.html ?categories=2

Symétrie, éditeur de musique et de livres sur la musique, en particulier du prototype de la chronologie appliquée au théâtre ; voir : http://www.symetrie.com/ ; www.theatre-italien.fr. et http://www.symetrie.com/fr/contact/presse/communique-creation-symetrie-recherche


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