« La transgression dans l’épopée » – 27 et 28 septembre


« La transgression dans l’épopée »
VIIIe Congrès international du Réseau Euro-Africain de Recherches sur les Épopées (REARE)
organisé avec la participation du centre de recherche CÉRÉdI
université de Rouen – 27 et 28 septembre 2018

Sans être à proprement parler un trait constitutif du genre à l’échelle universelle, le motif de la transgression est cependant largement présent dans les récits épiques de la plupart des cultures. La transgression est au cœur même des récits originaires qui ont contribué à l’identification et à la dénomination du genre.

Dans la mesure où l’épopée est essentiellement un genre agonistique, la nature des transgressions qu’on y rencontre est intrinsèquement liée au défi et à la provocation d’une force adverse. Ainsi peut-on distinguer par exemple :
- la transgression d’une règle portant sur la relation à la transcendance (le destin, une divinité…) manifestée par le refus volontaire de faire cas des signes envoyés par cette transcendance (notamment le résultat de pratiques divinatoires) ou encore par une attitude consciemment offensante à l’égard d’une divinité à qui sont normalement dus respect et dévotion ;
- la transgression d’une règle réputée naturelle (loi du plus fort, du plus grand nombre) manifestée par le refus de s’y soumettre contre toute raison ;
- la transgression d’une règle sociale admise dans le système de valeurs de la culture qui a produit le récit épique : respect des ancêtres, respect des tabous (notamment sexuels) entre individus ou communautés, loyauté avec ses pairs etc.

La liste, donnée à titre d’exemple, n’est pas close. Pour comprendre plus avant le rôle de ce motif dans l’épopée, il sera intéressant de corréler ces modalités de nature avec les motivations de la transgression : recherche de gloire (individuelle ou de la lignée), peur de déchoir en souillant son honneur (personnel ou celui du groupe auquel on appartient), recherche de vengeance, transgression d’un ordre social pour obéir à la loi d’un ordre plus grand (désobéir à la loi des hommes pour obéir à loi de Dieu, etc.).
Ces deux premiers facteurs sont à leur tour à mettre en rapport avec la place qu’occupent les différents auteurs de ces transgressions dans le système actantiel : héros positif, adversaire, allié (ou supposé tel), etc. C’est en grande partie de cette conjugaison entre ces trois facteurs que pourra émerger l’esquisse d’une typologie fonctionnelle spécifique de la transgression dans le genre épique.

Des communications pourront porter sur l’étude d’un (ou plusieurs) cas de transgression dans une œuvre donnée pour tenter d’en dégager la portée dans l’économie narrative ; d’autres pourront adopter un point de vue plus comparatiste en étudiant un même ordre de transgression accompli par un ou plusieurs types d’actants dans plusieurs œuvres, provenant soit d’une même culture (définie par une localisation dans le temps et dans l’espace) soit de cultures différentes.

D’autres enfin pourront suivre une orientation plus sociologique. Dans la mesure où l’exécution de l’épopée est ou a été essentiellement orale et donc en prise directe avec un auditoire, il sera intéressant de s’interroger aussi sur l’effet immédiat que les transgressions dont fait état sa déclamation peuvent avoir sur l’auditoire en termes sociopolitiques dans la situation contemporaine à l’énonciation : invitation à la résistance face à un ordre établi, proposition de nouvelles solutions dans le cadre de nouvelles valeurs, etc. Les transgressions pourront donc aussi être étudiées par rapport aux théories sur la fonction sociale du genre épique.

La combinaison de ces différentes approches devrait permettre, au terme du Congrès, d’ébaucher un régime spécifique du motif de la transgression tel qu’il fonctionne spécifiquement dans le genre épique.

Telles sont les questions que nous souhaiterions aborder, dans une perspective résolument comparative et interculturelle, lors de cette rencontre, qui se tiendra à l’Université de Rouen les 27 et 28 septembre 2018, avec la participation du centre de recherches CÉRÉdI de l’Université de Rouen.


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