« Le spectacle du crime féminin sur la scène et dans le cinéma européens » – 14 au 16 novembre


« Le spectacle du crime féminin sur la scène et dans le cinéma européens »

Colloque international organisé par l’Université de Rouen-Normandie et le CÉRÉdI (EA 3229)

avec le soutien de CLARE (Université Bordeaux Montaigne)
de l’ICD (Interactions culturelles et discursives, Université François Rabelais Tours)
et de l’IRET (Institut de Recherche en Études Théâtrales de la Sorbonne Nouvelle)

Du mercredi 14 novembre au vendredi 16 novembre 2018

Organisé dans le cadre du projet de recherche « La force des femmes, hier et aujourd’hui (XVIe-XXIe siècles) » développé par le CÉRÉdI (EA 3229) et l’Université de ROUEN-NORMANDIE (dir. Ariane FERRY et Sandra PROVINI), avec le soutien de l’IRIHS et le marrainage de la SIEFAR

Comité d’organisation
Ariane FERRY, Sylvie HUMBERT-MOUGIN, Judith LE BLANC, Gwénaëlle LE GRAS et Sandra PROVINI

Comité scientifique du projet « La force des femmes »
Éric AVOCAT (Université d’Osaka, Japon), Anna BELLAVITIS (Université de Rouen-Normandie), Anne DEBROSSE (SIEFAR), Diane DESROSIERS (Université McGill, Canada), Myriam DUFOUR-MAÎTRE (Université de Rouen-Normandie), Marie FRANCO (Université de la Sorbonne Nouvelle), Véronique GÉLY (Université de la Sorbonne), Nathalie GRANDE (Université de Nantes, SIEFAR), Claudine POULOUIN (Université de Rouen-Normandie), Jean-Marie ROULIN (Université Jean Monnet, Saint-Étienne).

Comité scientifique du colloque
Adrienne BOUTANG (Université de Bourgogne-Franche Comté, Besançon), Noël BURCH (Université Lille 3), Gille DECLERCQ (Université de la Sorbonne Nouvelle), Florence FIX (Université de Rouen-Normandie), Loic GUYON (Mary Immaculate College, Université de Limerick, Irlande), Claire LECHEVALIER (Université de Caen), Sylvain LEDDA (Université de Rouen-Normandie), Raphaëlle LEGRAND, (Université Paris Sorbonne), Raphaëlle MOINE (Université de la Sorbonne Nouvelle), Sarah NANCY (Université de la Sorbonne Nouvelle), Geneviève SELLIER (Université Bordeaux Montaigne), Stella SPRIET (Université de Saskatchewan, Canada), Ginette VINCENDEAU (King’s College).


Ce colloque sera le deuxième volet d’un projet intitulé La Force des femmes, hier et aujourd’hui, qui est piloté par le CÉRÉdI et patroné par la SIEFAR (Société Internationale pour l’Étude des Femmes de l’Ancien Régime). Ce projet consiste en une enquête collective sur les représentations littéraires, théâtrales et cinématographiques de la force féminine – envisagée à travers ses actualisations violentes et inquiétantes (le meurtre, le combat, la torture, l’action terroriste, etc.) et ses actualisations admirables (le courage, la résistance, la ténacité) – et les présupposés idéologiques qui les ont accompagnées à travers les siècles. Le texte cadre du projet est consultable sur le Carnet Hypothèses « Force des femmes » : http://forcedesf.hypotheses.org/41

Après avoir exploré la représentation des criminelles dans le mode narratif et des genres divers lors du colloque Figures et personnages de criminelles, des histoires tragiques au roman policier de juin 2017, nous proposons une enquête diachronique portant sur la représentation de la violence criminelle féminine sur la scène (théâtre et opéra) et à l’écran en Europe (XVIe-XXIe siècles).

Nous avons choisi de prendre en compte une définition large de la « criminelle » : femme meurtrière au premier chef, mais aussi femme infanticide et avorteuse, femme suicidée, femme adultère, femme criminalisée – cette criminalisation variant au cours de l’histoire et du contexte religieux, social et culturel. L’objectif de ce second colloque sera donc d’examiner comme les personnages de criminelles sont constitués en objets de spectacle ou font spectacle, à la scène comme à l’écran, mais aussi d’interroger les objectifs propres à ces représentations visuelles et spectaculaires du crime féminin sur un plan moral, politique, mais aussi esthétique. S’agit-il de provoquer chez le récepteur un sentiment d’horreur et d’obtenir sa condamnation morale ? S’agit-il au contraire de mettre en valeur la façon dont telle ou telle société ou communauté va criminaliser la femme adultère, la jeune mère infanticide pour affirmer ses propres valeurs, et faire entendre la voix de celle qui est ainsi désignée coupable par exemple dans des scènes de procès ? La coupable désignée apparaît alors comme la victime d’un système social qui la pousserait à mettre fin à ses jours ou à ceux de son enfant pour ne pas subir le déshonneur et l’exclusion. La femme meurtrière présente des visages plus variés peut-être et qui vont de la femme de pouvoir (reine, magicienne) qui fait tuer ou tue à la femme qui assassine pour de l’argent en passant par les femmes qui se vengent ou se débarrassent d’un obstacle.

La particularité de ces arts – théâtre, opéra, cinéma – est de donner à ces personnages de criminelles/femmes criminalisée un visage (parfois beau et séduisant, parfois effrayant, parfois ordinaire), une voix (dont le pouvoir de séduction peut être puissant) et un corps en mouvement qui sont créateurs de nouvelles représentations. Comment s’articulent la relation entre une actrice / une chanteuse à la voix magnifique et les personnages de criminelles qu’elles contruisent et offrent au public selon le double point de vue de la création et de la réception ? Le spectacle du crime féminin dans les arts de la scène et à l’écran semble fasciner autant qu’il révulse ; il contribue aussi à produire sinon des exemples à suivre, au moins des conduites et un rapport à l’existence où se trouvent tantôt valorisées la détermination et l’action féminines, tantôt interrogée sur le mode critique la victimisation des femmes. Entre admiration et empathie, horreur et fascination, ces criminelles incarnées suscitent chez le spectateur des émotions dont il conviendra d’examiner les formes, notamment dans le discours de réception critique, et les enjeux.


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