« Littératures, échanges culturels et transmission de savoirs et de créations » – août 2019


Littératures, échanges culturels et transmission de savoirs et de créations : passé, présent et avenir

8e Congrès du Réseau européen d’études littéraires comparées (REELC)

Lille, août 2019

La circulation des idées en Europe (et dans le monde) est un phénomène ancien, le « dialogue interculturel » un vaste domaine qui offre une grande diversité d’approches de questions qui pourront être envisagées dans le cadre de ce Congrès : il s’agit, en effet, de problématiques a-temporelles, qui doivent être interrogés constamment en tenant compte des évolutions sociales, économiques, techniques et, bien sûr, culturelles.
À notre époque de transformation rapide du monde et de la rencontre des cultures (parfois, hélas, de leur affrontement), la place qu’occupent, dans la société, la littérature, voire les sciences humaines et sociales est souvent mise en cause et doit être redéfinie : des études de réception des années 1970/1980 à la mise en valeur des relations intermédiales et interculturelles, en passant par les travaux sur les transferts culturels, s’ouvre un vaste champ de réflexions théoriques, méthodologiques, esthétiques.
Le congrès du REELC sera l’occasion de s’interroger sur les conséquences que les transformations socio-économiques du monde contemporain (dont, entre autres, la mise en place des accords européens d’harmonisation du système universitaire) ont pour la transmission des savoirs et pour celle des œuvres culturelles, pour l’évolution des canons littéraires et pour les choix de programmes scolaires et universitaires (dont l’idée d’une « nouvelle histoire littéraire européenne » s’écrivant contre une émergence nationale des lettres), mais aussi pour la création littéraire et artistique.
Il importe de donner une perspective temporelle et spatiale à ces interrogations : pour cela, on reviendra sur l’histoire et sur l’évolution de la notion de « diffusion », des chemins de la « dissémination », sur la réinterprétation des éléments diffusés ; on s’interrogera sur les contacts qui expliquent tels ou tels rapprochements et on mettra l’accent sur le décentrement et sur les glissements sémantiques liés aux déplacements dans l’espace et dans le temps.
Si la situation actuelle de la recherche se traduit par la réorganisation pratique de nos institutions, ces changements peuvent aussi avoir des conséquences en termes épistémologiques. Ainsi conviendra-t-il de réfléchir sur la question de savoir dans quelle mesure le statut, le mode de production / création et de diffusion du littéraire ont été modifiés dans les dernières décennies, si et comment l’insertion sociale de l’objet littéraire a changé, elle aussi. On étudiera également les conséquences de la globalisation économique pour la globalisation culturelle : l’émergence d’une « littérature monde » entraîne-t-elle une uniformisation de la création littéraire ou, au contraire, provoque-t-elle, parfois comme phénomène de réaction, l’expression et la mise en valeur de cultures locales / régionales. Il faudra s’interroger sur ce que la globalisation signifie pour les échanges culturels, sur ce que devient, dans une telle situation, la relation à l’autre, à l’étranger. À ce propos, il conviendra aussi de mettre de tels questionnements en perspective avec des périodes plus anciennes qui s’étaient illustrées par leur ouverture au monde et par un changement des paradigmes, comme p. ex. la Renaissance (et l’émergence de la « Galaxie Gutenberg »).

Ainsi, le Congrès s’intéressera notamment :
- À l’histoire du livre : il s’agira d’étudier les circuits éditoriaux et commerciaux, qui ont permis la circulation des livres, des idées ou des représentations qu’ils contiennent. On pourra à ce titre s’intéresser aux traductions et à la constitution d’un lectorat élargi, aux décalages ou au contraire aux convergences entre la culture émettrice et la culture cible. On cherchera à déterminer comment les savoirs ont été adaptés à un autre public, à d’autres contextes culturels et, avec l’arrivée de nouvelles technologies, notamment la numérisation, à des supports nouveaux.
- Aux traductions / adaptations et à leur rôle pour le rayonnement des œuvres littéraires, mais aussi au rapport, dans l’histoire des langues et des littératures, entre le latin et les langues vernaculaires.
- Aux correspondances d’auteurs, d’hommes de lettres comme mode de dissémination des idées.
- Au rôle des intermédiaires individuels (journalistes, traducteurs, éditeurs, directeurs de théâtre, aux voyageurs et leurs récits…) et institutionnels (Académies et Universités, l’École et les programmes éducatifs, les Bibliothèques, Théâtres, Musées, …) ; au rôle des revues culturelles.
- Aux contenus de la transmission, afin de replacer la littérature au sein d’autres circulations de textes (scientifiques, religieux, moralistes, politiques, philosophiques etc.).
- Aux genres : quels sont les genres littéraires ou textuels qui ont rempli cette fonction de transmission des savoirs ? Il faudra aussi penser à de nouveau genres qui induisent de nouvelles formes de transmission, p. ex. à la mode du roman graphique et de l’adaptation de grandes œuvres canoniques sous cette forme.
- Au statut du texte littéraire : est-il considéré comme un vecteur sérieux du savoir ?
- À l’impact des nouvelles technologies (« humanités numériques ») sur la réception de l’œuvre littéraire, tant au niveau de la réception passive (critique, lecteur lambda) que de la réception créatrice (voir à ce propos aussi les questions d’intertextualité).


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