Pratiques de Corneille


Colloque organisé par le CÉRÉdI et le Mouvement Corneille, du 5 au 9 juin 2006, Actes sous presse aux Presses des Universités de Rouen et du Havre.

Parmi les manifestations qui ont marqué à Rouen le IVe centenaire de la naissance de Pierre Corneille, le colloque « Pratiques de Corneille » organisé par l’équipe « Âge classique » du CÉRÉdI a pris place parmi les toutes premières en termes de rayonnement international et de qualité scientifique.

Sous la direction d’un comité scientifique prestigieux (Ch. BIET, Paris X ; G. FORESTIER, Sorbonne ; J. D. LYONS, U. de Virginie ; H. MERLIN-KAJMAN, Sorbonne Nouvelle ; A. VIALA, Oxford ; J.-M. VILLÉGIER, L’Illustre-Théâtre), 43 communications prononcées par les meilleurs spécialistes mais aussi par un nombre significatif de jeunes chercheurs ont montré la vitalité des études cornéliennes. Le partenariat avec la Région Haute-Normandie, le Département de la Seine-Maritime et l’Agglomération de Rouen a permis d’ouvrir la manifestation à un public plus large, notamment lors de la lecture-conférence donnée par MM. Christian BIET et Daniel MESGUICH (250 personnes).

Le colloque s’est inscrit dans les commémorations nationales et locales du quatrième centenaire de la naissance de Pierre Corneille, et se présente au terme de l’année 2006 comme le colloque universitaire de référence : à la fois un état présent de la recherche cornélienne et un ensemble de propositions pour renouveler à l’avenir la figure et l’étude d’un dramaturge à la fois trop et mal connu.

Se proposer d’interroger les pratiques de Corneille, c’était tenir délibérément à quelque distance méthodologique les traditionnelles interprétations thématiques, dont le colloque de 1984 avait d’une certaine façon fait le tour. Il s’agissait, en abordant la question des pratiques, de faire se croiser des approches critiques récentes, comme celles de l’histoire du livre et de l’édition, de la bibliographie matérielle, des études de mises en scène ou de l’histoire de la réception. Il s’agissait aussi d’aborder l’œuvre de Corneille dans son ensemble, en faisant une large part aux pièces méconnues, à l’œuvre religieuse. Les 43 communications, au long de quatre journées fort denses, ont offert un panorama large et varié, organisé en grandes familles de « pratiques » : éditoriales, dramaturgiques, scéniques, politiques, religieuses, morales, critiques, didactiques, etc. Venus de toute la France et de 7 pays étrangers (USA, Canada, Portugal, Allemagne, Grande-Bretagne, Belgique, Italie), les communiquant(e)s étaient pour un tiers d’entre eux des doctorant(e)s ou de jeunes docteur(e)s d’une exceptionnelle qualité, pour un tiers des professeurs de renom international. Les membres du comité scientifique ont assuré chacun une conférence d’ouverture au début de la session dont ils étaient responsables, et des débats très riches ont souvent dû être abrégés, faute de temps.

La haute tenue scientifique du colloque ne l’a pas empêché de s’ouvrir largement à un public non universitaire d’amateurs éclairés, de praticiens du théâtre, de professeurs du Secondaire. La conférence d’ouverture donnée par Christian Biet et Daniel Mesguich le 5 juin à l’Hôtel du Département a ainsi réuni plus de 250 personnes que la présentation d’un « Corneille, jeune auteur » ont visiblement séduites. Preuve est ainsi faite, que la commémoration peut être autre chose qu’un rituel, et que notre temps peut encore dialoguer de manière féconde et novatrice avec l’œuvre de Corneille.

En marge du colloque et avec l’aide du Mouvement Corneille-Centre International Pierre Corneille, des visites et rencontres ont permis aux participants de découvrir la ville, les musées de Rouen et de Petit-Couronne « sur les pas de Corneille », d’assister à une représentation de L’Illusion comique. Le dîner offert le 7 juin par le Conseil général a été un moment de convivialité (et de délices !) qui restera dans les mémoires : autant de circonstances privilégiées où se tissent les contacts, où se bâtit la communauté scientifique internationale. L’impulsion donnée a porté ses fruits dès l’automne, avec le « Marathon Corneille » du 17 septembre, la participation de plusieurs membres du colloque au festival « Automne en Normandie », l’organisation d’une rencontre « Corneille connexion » par l’Association du Champ freudien en novembre, le projet d’une revue et d’une collection consacrée à Corneille.

Les actes du colloque, augmentés de quelques communications non prononcées, d’une introduction, d’illustrations, d’une bibliographie et de divers index qui feront du volume un outil de travail et de référence, sont sous presse aux Presses des Universités Rouen-Le Havre.

Table

I- PRATIQUES SOCIALES, EDITORIALES

Alain VIALA, Paris 3– Oxford, Corneille, premier auteur « moderne » ?

Sybile CHEVALLIER , Paris X, Panorama de l’édition théâtrale et de la composition dramatique à Rouen, fin du XVIe siècle début du XVIIe siècle.

Alain RIFFAUD, Université du Maine, Corneille et l’impression de ses livres : de l’indifférence à l’innovation.

Catherine, GUILLOT, Paris 3, Les éditions illustrées du théâtre de Corneille dans la première moitié du XVIIe siècle.

Carine BARBAFIERI, Valenciennes, Corneille pédagogue : Alexandre le Grand revu et corrigé par Agésilas.

Martial POIRSON, Grenoble 3, Le jeu du change et de l’échange : l’activité économique dans le théâtre de Corneille, ou le retour du refoulé textuel.

II- PRATIQUES POLITIQUES

Hélène, MERLIN, Paris 3, Corneille et le/la politique : le double enjeu de la question.

Jean-Vincent BLANCHARD, Swarthmore PA, USA, Emblèmes du sang. Polyeucte, Louis Richeome et le spectacle des martyrs.

Lise MICHEL, Université d’Artois, Machiavélisme et genres rhétoriques : l’invention des raisons d’Etat dans la tragédie de Corneille, de Médée à Pertharite.

Charles-Olivier STICKER-METRAL, Fondation Thiers, Othon, ou l’homme de cour malgré lui : tragédie tacitéenne et pratiques politiques.

Franziska SICK, Université de Kassel, Pouvoir politique et politique du pouvoir dans le théâtre de Corneille.

Jean ROHOU, Rennes 2, Dramaturgie, morale et politique chez Corneille.

III- PRATIQUES PHILOSOPHIQUES, RELIGIEUSES et MORALES

John D. LYONS, Charlottesville, USA, « Cette bonté des mœurs » : problématiques de la représentation morale.

Anne-Elisabeth SPICA, Metz, Corneille et les poétiques jésuites : une dramaturgie comparée.

Christophe ANGEBAULT, Paris 3, L’éclat de la vertu dans Cinna et Nicomède, ou le dépassement de la censure dans les pratiques de l’exemplarité.

Alexandra LICHA, Rouen, Au-delà de la dévotion et de la galanterie : l’héroïne cornélienne ou l’avènement d’une vertu dramatique.

Alexander ROOSE, Gand, Belgique, Au-delà de la vertu. Le néostoïcisme d’Horace.

Charles MAZOUER, Bordeaux, Nicole et les adversaires du théâtre lecteurs de Corneille.

IV- PRATIQUES THEATRALES

Christian BIET, Paris 10, Corneille, ou la résistance

Sandrine BLONDET, Paris 4, « Admirez avec moi ce merveilleux spectacle ». Sur Andromède, La Toison d’Or et Psyché.

Julia GROS de GASQUET, Tours, Dire Corneille, un art du naturel  ?

Eve ROLLINAT-LEVASSEUR, Paris 3, Didascalies, entre « petit secours » et grand embarras : étude des variantes.

Brigitte PROST, Rennes 2, Mettre en scène l’œuvre de Corneille au XXe s. : célébrer, éduquer, explorer.

Anna Clara SANTOS, Université d’Algarve, Portugal, Pratiques de « réécriture » et échanges franco-portugais autour du théâtre de Corneille.

V- PRATIQUES d’ECRITURE

Georges FORESTIER, Paris 4, Corneille et la pratique des genres.

Deborah BLOCKER, Berkeley, USA, Corneille et l’« art poétique » : appropriations, déplacements, reconfigurations.

Nina EKSTEIN, Trinity, Texas, USA, La pratique ironique de l’appel à l’autorité dans les péritextes du théâtre de Corneille.

Sandrine BERREGARD, Strasbourg 2, L’argument du Clitandre  : les enjeux d’une polygraphie.

Florence de CAIGNY, Université du Maine, « Divertir les yeux » ou « importuner les oreilles » ? Le traitement de la narration d’exposition dans les tragédies de Corneille de 1634à 1660.

Clotilde THOURET, Nice, Le secret d’une chambre : la pratique cornélienne du monologue à la lumière de la théorie dramatique.

Laura NAUDEIX, Angers, Dramaturgie du merveilleux.

Emma GILBY, Cambridge, GB, La théorie et la pratique du sublime chez Corneille.

Véronique LOCHERT, Rennes 2, « Faire que la tragédie soit aussi belle à la lecture qu’à la représentation » : pratiques paratextuelles de Corneille.

Anne MANTERO, U. de Franche Comté, Corneille paraphraste dans L’Office de la Vierge.

VI- PRATIQUES DE REECRITURE ET DE RECEPTION

Liliane PICCIOLA, Paris 10, Corneille et le temps créateur : souci de l’originalité, souci de la postérité.

Daniela DALLA VALLE, U. de Turin, Les suites du Cid  : Chevreau, Desfontaines, Chillac.

Emmanuelle MORGAT-LONGUET, Paris 10, Pratiques de Corneille dans l’histoire littéraire française 1650-1750.

Suzanne GUELLOUZ, Caen, Corneille en Espagne au XVIIe siècle.

Romain JOBEZ, Poitiers, Le Trauerspiel contre la tragédie religieuse : Andreas Gryphius, lecteur critique de Corneille.

Anne TEULADE, Nantes, Dryden et Corneille : pratique et critique de la tragédie héroïque.

Sylvaine GUYOT, Paris 3, « A partir d’Œdipe,… » : pratiques du silence cornélien.

Bénédicte LOUVAT-MOLOZAY, Montpellier 3, La vieillesse de Corneille face à la critique.

Gaël LE CHEVALIER, Tours, Pierre et Thomas Corneille, ou l’art de l’esquive.

Sarah HURLBURT, Whitman College, USA, Le « théâtre de l’admiration » et les éloges de Corneille de 1808.


Visites

74 aujourd'hui
123 hier
358003 depuis le début
7 visiteurs actuellement connectés