Soutenance de thèse – Damien Dauge – 4 décembre 2015

lundi 23 novembre 2015

Damien Dauge soutiendra sa thèse de doctorat

« IL LUI SEMBLAIT ENTENDRE… »
Flaubert et le spectre du musical

le vendredi 4 décembre 2015 à partir de 14h, dans la Salle du Conseil du bâtiment A de l’UFR des Lettres de l’Université de Rouen.

Le jury sera composé de :

M. Yvan Leclerc (Université de Rouen), directeur de la thèse,
M. Peter Szendy (Université de Paris Ouest Nanterre), co-directeur de la thèse,
Mme Marielle Macé (CNRS/EHESS),
M. Timothée Picard (Université de Rennes 2),
M. Emmanuel Reibel (Université de Paris Ouest Nanterre).

Résumé 

Les œuvres de Flaubert forcent un lecteur mélomane à tendre l’oreille vers trois apparitions fantomatiques de la musique.
D’abord, leurs mises en musique sont à la fois méconnues et suspectes : de Madame Bovary on a fait des opéras oubliés ou des chansons à l’eau-de-rose, tandis qu’Hérodias a inspiré de nombreux compositeurs savants sans qu’on puisse toutefois déterminer avec précision l’influence du conte de Flaubert.
Ensuite, la réception critique de ses œuvres met en avant une forme de musicalité : le travail du style, l’épreuve du gueuloir aboutiraient à une musique flaubertienne des phrases ou des mots. À une autre échelle, la « symphonie » des Comices ou le rêve du « livre sur rien » poussent à prêter à Flaubert des intentions musicales. Mais face à de telles lectures on s’interroge sur la pertinence du modèle musical et sur le bien-fondé de ces apparitions de la musique auprès d’un auteur peu mélomane. 
Flaubert, enfin, n’a pas manqué de représenter la musique dans ses fictions. Néanmoins, ce qui se manifeste le plus clairement, c’est une mise en scène souvent parodique des échecs de la musique : alors qu’une vogue de mélomanie s’empare des bourgeois amateurs, les bons musiciens manquent à l’appel.
Curieusement, l’auditeur des mises en musique, le lecteur et le personnage se retrouvent dans une même situation : à défaut d’entendre distinctement des œuvres ou même des sons, des musiques de plus en plus imaginaires finissent par hanter leur esprit. Ces trois corpus – musical, critique et littéraire – invitent ainsi à parcourir l’étendue du spectre du musical, entendu comme l’ensemble des manifestations problématiques de la musique.