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Sylvain Langlois

L’arrivée des opéras de Rossini, Bellini et Donizetti au Théâtre des Arts


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L’Empire s’achève. On ne saurait sans doute parler encore à cette date, comme ce sera le cas dix ans plus tard, d’une véritable hégémonie de l’opéra italien dans la vie musicale parisienne. Il n’empêche toutefois que, durant quinze ans, grâce aux spectacles du théâtre de l’Impératrice, les Français se sont ouverts à un art dont le principal mérite est d’accorder la primauté à la voix et au beau chant. [1]

Dès le début du XIXe siècle, Paris voit la musique italienne et principalement l’opéra investir les lieux de spectacle et conquérir le public d’opéra. L’ouverture d’un Théâtre italien à Paris en 1801, installe l’opéra italien dans la stabilité et la durée au sein de l’activité lyrique parisienne [2]. Désormais, l’omniprésence traditionnelle de la musique italienne dans les querelles esthétiques parisiennes s’accompagne de l’existence régulière d’un théâtre entièrement voué à la représentation d’opéras italiens chantés en langue originale, de 1801 à 1878. Cette fondation permet d’abord l’exécution à Paris des opéras de Cimarosa, Paisiello, Mozart et de leurs contemporains, puis d’accueillir avec retentissement l’œuvre de Rossini qui, à partir de 1817, devient l’un des musiciens préférés du public parisien et, en 1826, inspecteur général du chant en France. Le succès de l’opéra italien à Paris ne se limite pas cependant à Rossini. Deux autres compositeurs s’inscrivent dans cet engouement tardif dont l’ampleur semble réparer l’ostracisme des institutions de l’Ancien Régime à l’égard du théâtre lyrique ultramontain : après Rossini, Bellini et Donizetti connaissent effectivement un sort semblable dans la capitale française. Plusieurs faits connus de longue date montrent que le phénomène parisien s’étend ensuite à la province où de nombreuses villes vont privilégier le répertoire des compositeurs italiens : le passage d’une troupe nomade italienne à Lyon en 1838, venue représenter des opéras de Rossini (Sémiramide entre autres), une autre en 1839 à Marseilles, et même à Nantes et à Bordeaux où nous observons l’enrichissement des répertoires avec les œuvres traduites en Français. Le phénomène en province apparaît comme un écho de l’actualité parisienne avec quelques années de décalage.

En observant de près l’activité lyrique rouennaise et principalement le répertoire du Théâtre des Arts à partir des années 1820, nous remarquons une présence croissante du répertoire d’opéras italiens avec successivement l’arrivée de Rossini en 1823, puis de Bellini et Donizetti à partir de 1839. Auparavant, quelques compositeurs italiens entendus dans la capitale sont joués au Théâtre des Arts de Rouen : Cimarosa, Paisiello, Paër. Mais finalement, le nombre des œuvres reste faible et elles ne connaissent pas toujours un succès prolongé, puisqu’elles ne dépassent pas, pour la plupart, les années 1830. Avant 1823, la présence du répertoire italien est assurée seulement par le Barbier de Séville de Paisiello (Saint-Pétersbourg, 1782), dont les représentations s’arrêtent en 1817, et le Marquis de Tulipano, toujours de Paisiello (Saint-Pétersbourg, 1779), dont la dernière représentation rouennaise date de 1826 [3]. À partir de 1823 apparaissent : le Maître de Chapelle (Paër, 1821 : Feydeau) connaissant 82 représentations jusqu’en 1841, puis 1 ou 2 par an jusqu’en 1876, le Mariage Secret (Cimarosa, 1792 : Vienne) comptant trois représentations après sa création de 1824, et Un Caprice de Femme (Paër, 1834 : Opéra-Comique) créé à Rouen en 1835. En 1823, un pot-pourri d’airs célèbres de sept compositeurs (Mozart, Cimarosa, Paër, Rossini, Porversi, Generali et Steibelt) est représenté, les Folies amoureuses, qui donne lieu seulement à cinq représentations entre 1823 et 1825, puis cinq autres en 1864.

Pendant les cinq années suivant l’arrivée des ouvrages de Donizetti (1839-1844), le répertoire du Théâtre des Arts va être rythmé par ces opéras de compositeurs italiens et les séjours de différentes troupes étrangères venues chanter ce répertoire. Certains mois, le répertoire du Théâtre des Arts sera composé de plus de 50% d’opéras italiens. Ce répertoire italien occupe donc une place restreinte au sein du répertoire du Théâtre des Arts de Rouen, principalement composé alors d’opéras-comiques de Grétry, Boieldieu, Isouard, Dezède, Dalayrac, etc. Et l’opéra italien, ou plutôt les opéras de compositeurs italiens prennent de plus en plus d’importance avec l’arrivée des œuvres de Rossini puis de Bellini et de Donizetti au détriment des opéras-comiques.

Les opéras de Rossini, Bellini et Donizetti dans le répertoire du Théâtre des Arts.


Dans la présente étude, il s’agira d’abord de donner quelques informations générales concernant l’arrivée de ces compositeurs sur la scène du Théâtre des Arts de Rouen : des dates, le titre des œuvres choisies par le théâtre et leur fréquence de représentation, pour chacun de ces trois compositeurs. Ces éléments ont été établis à partir du Journal de Rouen. Dans une deuxième partie, quelques questions de fonds posées par l’examen attentif des conditions de représentation de ces opéras seront abordées succinctement. Quelques citations empruntées à un périodique très attentif aux progrès de la musique italienne dans les théâtres français, Le Colibri, serviront à évoquer la réception de ce répertoire à Rouen.

Commençons par Rossini. Son œuvre résonne pour la première fois dans les oreilles du public rouennais le 23 février 1823 avec la production du Barbier de Séville [4]. Six mois plus tard, le 7 août 1823, ce même public pouvait entendre la Pie Voleuse [5]. À partir de cette année 1823, neuf opéras de Rossini, parmi une quarantaine à son actif, jouissent d’une production sur la scène du Théâtre des Arts. Aux deux œuvres précédemment citées s’ajoutent plusieurs autres premières rouennaises de Rossini : le Siège de Corinthe [6] en 1827, le Comte Ory  [7] en 1829, l’Italienne à Alger [8] en 1830, Otello ou le Maure de Venise [9] en 1832, Guillaume Tell [10] en 1833, Moïse [11] en 1837 et Semiramis [12] en 1841. La durée de vie de ces opéras au sein du répertoire du Théâtre des Arts varie d’un opéra à l’autre et nous observons quatre niveaux de réussite (cf. tableau 1).

Le nombre des représentations données pour chaque opéra est compris entre la date de sa création rouennaise et 1876, une date clef pour le Théâtre des Arts de Rouen car le théâtre subit un gigantesque incendie et ferme ses portes jusqu’en 1882. Trois opéras ont un nombre réduit de représentations : Moïse, Sémiramis (7 représentations pour chacun), et Otello (8). Deux opéras sont maintenus une dizaine d’années après leur création, comptant une trentaine de représentations : l’Italienne à Alger (33) et le Siège de Corinthe (35). Le Comte Ory et la Pie voleuse totaliseront respectivement 85 et 78 représentations avec des reprises dans les années 1850, 60 et 70. Par contre, deux opéras rencontrent un immense succès, s’inscrivant avec force dans le répertoire du Théâtre des Arts : le Barbier de Séville, comptant plus de 150 représentations entre 1823 et 1876 et Guillaume Tell, jouissant d’un succès ininterrompu pendant une trentaine d’années : plus de 350 représentations entre 1833 et 1876. Rossini est ainsi le seul compositeur italien de cette génération à être inclus dans le répertoire du Théâtre des Arts entre 1823 et 1839 (cf. tableau), année qui se signale par une nouveauté retentissante.

Représentations de Rossini, Bellini et Donizetti jusqu’à 1876.

Le 1er février 1839, la troupe du Théâtre des Arts crée la Somnambule [13] de Bellini. Rouen découvre ainsi pour la première fois un autre « nouveau » compositeur italien. Bellini n’ayant pas une œuvre aussi conséquente que celle de Rossini (sept opéras seulement), on peut considérer que les Rouennais sont appelés à bien connaître ce compositeur puisque quatre de ces opéras sont produits en l’espace de trois ans : la Somnambule, cité précédemment, les Puritains [14] créé à Rouen en 1840, Norma [15] et Roméo et Juliette [16]. Ces quatre opéras de Bellini ne s’imposent pas dans le répertoire du Théâtre des Arts : deux représentations pour Roméo et Juliette, 14 suivant la création des Puritains, 13 pour la Somnambule et seule Norma totalise 32 représentations entre 1841 et 1861.

L’arrivée du répertoire de Bellini au Théâtre des Arts de Rouen se fait parallèlement et simultanément à celle d’un troisième compositeur italien de cette génération : Donizetti. En l’espace de quatre années, entre 1839 et 1843, le Théâtre des Arts crée onze opéras de ce compositeur parmi plus de 70 opéras recensés à son actif. Le premier représenté est Anne de Boulen [17] le 8 mars 1839. Cette même année, le public découvre Lucie de Lammermoor, dont la forte impression sur le jeune Flaubert est bien connue par l’utilisation qu’il en fait dans Madame Bovary [18]. En 1841, le théâtre crée cinq opéras de Donizetti : Robert d’Evreux, Le Comte d’Essex [19], Gemma di Vergy [20], Belisario [21], l’Elixir d’amour [22] et la Favorite [23]. Nizza de Grenade [24] est créé le 29 septembre 1842, les Martyrs [25], la Fille du Régiment [26] et Don Pasquale [27] sont créés au Théâtre des Arts en 1843. Une dizaine d’années plus tard, les Rouennais assistent à la création de deux autres opéras de Donizetti : Linda di Chamouni et Lucrèce Borgia. Sur ces treize opéras de Donizetti, huit d’entre eux ne connaîtront pas plus de dix représentations au XIXe siècle : Anne de Boulen, Bélisaire, l’Elixir d’amour, Gemma di Vergy, Linda di Chamouni, Lucrèce Borgia, Nizza de Grenade et Robert d’Evreux, Le Comte d’Essex. Deux opéras se maintiennent, mais à petite fréquence, durant plus de trente ans : les Martyrs avec trente représentations et Don Pasquale avec 64. Et seuls trois opéras sur treize sont maintenus tous les ans au répertoire du Théâtre des Arts : la Fille du Régiment comptant 127 représentations entre 1843 et 1876, Lucie de Lammermoor avec plus de 200, et l’opéra le plus représenté, dépassant même le record de Guillaume Tell est la Favorite totalisant presque 400 représentations depuis sa création.

Il faudra attendre plusieurs années ensuite pour que le public du Théâtre des Arts de Rouen découvre un autre compositeur italien : Giuseppe Verdi. Se succéderont alors les créations de Jérusalem (1851), le Trouvère (1859), Rigoletto (1861), Ernani (1863) et la Traviata (1864) et, bien après l’incendie, dans les années 1880-1890, Otello puis Aïda. Parmi ces œuvres, seul le Trouvère se maintient au répertoire.

Mais la réflexion sur ce répertoire italien ne doit pas se limiter aux représentations d’opéras italiens. À titre de comparaison, il peut être instructif d’examiner la place du grand opéra pendant ces années (les opéras de Meyerbeer et d’Halévy) et, plus généralement, la composition du répertoire du Théâtre des Arts en dehors de ces opéras « italiens » : les opéras-comiques des compositeurs du XVIIIe siècle et du début XIXe (Grétry, Devienne, Isouard, Boieldieu, etc.)

La place du Grand opéra au sein du répertoire du Théâtre des Arts est restreinte pendant cette période allant de 1839 à 1844. Seuls deux opéras de Meyerbeer, les Huguenots (1836) et Robert le diable (1831), et la Juive (1835) d’Halévy sont repris au moins une fois par mois durant ces cinq années. Pour le reste, le répertoire du Théâtre des Arts est composé principalement d’opéras-comiques de compositeurs du XVIIIe siècle et du début XIXe : Grétry avec Richard Cœur de Lion (1784), Boieldieu avec le Nouveau seigneur du Village (1813), et bien d’autres compositeurs comme Isouard, Hérold, Gaveaux ou Fétis, entre autres, dont un nombre important d’opéras-comiques sortent du répertoire dans les années 1830, telle l’Épreuve villageoise (Grétry, 1784) par exemple. Nous remarquons également la présence de compositeurs contemporains tels Adam, Auber, Thomas avec des opéras-comiques prenant une place croissante dans le répertoire : le Brasseur de Preston (Adam, 1838), le Domino noir (Auber, 1837), la Muette de Portici (Auber, 1828), entre autres. Le reste du répertoire est composé d’opéras-comiques de ces compositeurs et bien d’autres : Bovery, Boulanger, Clapison, Elwart, Grisar, Girard, Monpon, etc., dont les œuvres n’ont pas survécu longtemps après leurs créations rouennaises.

Comme nous l’avons dit précédemment, la place du Grand opéra est restreinte, tout comme celle, d’ailleurs, des opéras de Mozart. En effet, le public rouennais a pu entendre pour la première fois en 1841 une version de Don Juan interprétée par la troupe allemande d’Aix-la-Chapelle et deux reprises de la Flûte enchantée. Nous remarquons donc très peu de diversité pour le Grand opéra. Dans les années 1850-1860, deux autres opéras de Meyerbeer sont créés : l’Africaine (1865) et l’Etoile du Nord (1854), puis les Rouennais devront attendre la fin du siècle pour découvrir les grands opéras (au nombre de trois seulement) de Wagner : Tannhauser en 1897, le Vaisseau fantôme en 1895 et la Walkyrie en 1907.

La chronologie des représentations (1839-1844) et ses enseignements.


Pour qui voudrait évaluer avec exactitude les évolutions quantitatives dans le répertoire du Théâtre des Arts, la reconstitution minutieuse des programmes de chaque soirée s’avère particulièrement fructueuse. Nous avons donc établi une chronologie des représentations entre 1839 et 1844, considérant que 1839 se distingue par la création des premières représentations de Bellini et de Donizetti, et que, entre 1839 et 1844, 20 opéras italiens (Rossini, Bellini et Donizetti) sont créés à Rouen. L’année 1841 est particulièrement intéressante car nous assistons au passage successif de trois troupes étrangères (deux troupes italiennes et la troupe allemande du théâtre d’Aix-la-Chapelle) séjournant au Théâtre des Arts de Rouen pour chanter le répertoire italien (même la troupe allemande). Ces cinq années de chronologie font ressortir un phénomène intéressant : la part des opéras composés par des italiens prend de plus en plus d’importance dans le répertoire du Théâtre des Arts. En effet, le rythme de ces opéras avant 1839 (donc uniquement des opéras de Rossini) était entre 5 et 30 au maximum par an, la moyenne étant de 15 par an de 1823 à 1839, avec un total de 247 représentations d’opéras de Rossini en 16 ans. Les cinq années suivantes, le répertoire du Théâtre des Arts compte 274 représentations d’opéras de compositeurs italiens en 5 ans. À partir de 1839, la fréquence de ces opéras augmente donc considérablement. En 1839, la part de ces opéras dans le répertoire global du théâtre est de 16 % et en 1844, les représentations de ces opéras occupent plus de 33 % du répertoire.

Part des opéras de Rossini, Bellini et Donizetti au Théâtre des Arts de Rouen entre 1839 et 1844

Ces chiffres, à certains égards exorbitants, sont à apprécier en tenant compte du rythme d’activité du théâtre au XIXe siècle, très différent de celui que nous connaissant actuellement. L’année théâtrale commence en mai et se termine en avril , chaque année, de 1838 à 1843. L’année théâtrale 1843-1844 ne débute qu’au mois de septembre, de même que l’année suivante. Nous dénombrons une moyenne de vingt jours par mois au cours desquels le public rouennais pouvait assister à des représentations d’œuvres lyriques, avec un ou deux opéras dans la même soirée. Chaque année théâtrale compte donc environ 200 représentations d’opéras par an.

L’année 1841 est la plus significative de ce phénomène italien présent au Théâtre des Arts de Rouen. Avec le passage successif des trois troupes étrangères, la part des opéras de compositeurs italiens atteint alors 65 % du répertoire pour les trois mois avril -mai-juin (cf. graphique no 2). Ce phénomène de l’arrivée massive du répertoire italien à Rouen est la simple répercussion en province de celui observé à Paris entre 1820 et 1840, période pendant laquelle tous les opéras cités précédemment et bien d’autres encore furent créés dans les théâtres parisiens.

Pourcentage des opéras italiens représentés en 1841



Une fois établie, cette chronologie soulève un grand nombre de questions relatives à ces opéras écrits par des compositeurs italiens : dans quelle langue sont-ils chantés ? Par qui ? Sous quelle direction ? Il est temps de préciser que depuis le début de notre propos, il est question, en fait, d’« opéras écrits par des compositeurs italiens » et non d’opéras italiens tout simplement. Tous les opéras de Rossini, Bellini et Donizetti cités précédemment ne sont pas tous des opéras italiens. Si l’on prête attention, en outre, à la pratique de la traduction, il convient de distinguer quatre catégories dans l’ensemble de ces opéras :

A/ Les opéras italiens écrits par des compositeurs italiens pour l’Italie et traduits en français pour des créations françaises.

Ex. : Lucia di Lammermoor, opéra seria en 3 actes de Donizetti, livret de Cammarano, représenté pour la 1re fois au Théâtre italien à Paris en 1837. Cet opéra est traduit en français par Royer et Vaëz et passe de 3 à 4 actes.

B/ Dans la deuxième catégorie, nous retrouvons les mêmes opéras que dans la première, mais ceux-ci sont chantés à Rouen en italien par des troupes étrangères.

Ex. : Norma, opéra seria en 2 actes de Bellini, livret de Romani, chantés à deux reprises en italien par la première troupe italienne et la troupe allemande d’Aix-la-Chapelle lors de leurs passages successifs au Théâtre des Arts en 1841.

C/ La troisième catégorie comprend les opéras italiens écrits par des compositeurs italiens pour le Théâtre italien de Paris et traduits en français lors de leur création rouennaise.

Ex . : Don Pasquale, opéra buffa en 3 actes de Donizetti, livret de Ruffini et Donizetti lui-même, créé le 3 janvier 1843 au Théâtre italien et dont nous retrouvons une création rouennaise en français au Théâtre des Arts de Rouen le 5 décembre de cette même année.

D/ Les opéras français écrits par des compositeurs italiens pour l’Opéra de Paris. Dans cette dernière catégorie, il importe de distinguer :

– d’une part, les opéras français consistant en une version française d’une œuvre précédente ;

Ex. : Les Martyrs, grand opéra en 4 actes, de Donizetti, livret de Scribe dont la musique est une deuxième version de Polutio, opéra seria en 3 actes, livret de Cammarano. Également Le Comte Ory, opéra en 2 actes de Rossini, livret de Scribe et Poirson reprenant la musique de Il Viaggio a Reims, composé pour le Sacre de Charles X en 1825.

– et d’autre part, les opéras intégralement composés pour la France comme : Guillaume Tell, de Rossini et La Favorite de Donizetti.

On remarquera alors que les deux opéras les plus représentés au Théâtre des Arts de Rouen ont été intégralement composés pour la France.

La chronologie doit ainsi être pensée en fonction de l’ensemble de ces critères pour chacun de ces opéras. Par exemple, le succès immédiat et le maintien au sein du répertoire dépend-il de l’origine des œuvres ? Cette dernière explique-t-elle les particularités, parfois inattendues et très contrastées entre les différentes productions de ces œuvres étrangères ? C’est ce que laisse entendre un article du Colibri révélant les partis pris d’une représentation du Barbier de Séville, interprétée par une première troupe italienne le 24 avril 1841 au Théâtre des Arts :

C’était quelque chose de bien grotesque que d’entendre les chœurs parler français quand les personnages de la pièce parlaient italien, pareille chose était arrivée pour Lucie, mais dans le grand opéra, où les mots parviennent difficilement aux oreilles du spectateur, le contraste était moins choquant.

L’arrivée de tous ces opéras composés par des Italiens amplifie le phénomène de transfert culturel entre la France et l’Italie. En effet, comme nous l’avons signalé précédemment, le public rouennais voit cohabiter sur une même scène des chanteurs français et des chanteurs italiens. Les œuvres des compositeurs sont traduites en français, d’autres composées intégralement en français pour la France, puis sont traduites en italien quelques années plus tard pour des représentations en Italie, etc.

Quelques témoignages dans la presse rouennaise.


Deux périodiques rouennais : Le Colibri et Le Journal de Rouen éclairent d’un certain jour l’arrivée du répertoire italien entre 1823 et les années 1840. Le dépouillement de ces journaux permet de reconstituer une histoire partielle de ce théâtre à l’aide des annonces, des comptes-rendus de représentations et de tout autre article mentionnant l’activité lyrique rouennaise, parisienne et plus généralement française.

Le Journal de Rouen est un puits d’informations indispensables pour l’étude de l’activité lyrique du Théâtre des Arts sur une période déterminée. Ce périodique, édité entre le 5 janvier 1785 et le 27 août 1944, paraît trois fois par semaine jusqu’en 1790 et à partir de janvier 1791, sa parution sera quotidienne. Il est composé de quatre à six pages et son contenu témoigne de la vie rouennaise, parisienne et provinciale en abordant les sujets les plus variés : actualité politique et judiciaire, mais aussi commerciale, littéraire, ainsi que les sciences, l’éducation, les beaux-arts ou l’histoire, etc. En ce qui concerne l’activité théâtrale et lyrique rouennaise, Le Journal de Rouen donne jour après jour le programme des théâtres rouennais (Théâtre des Arts, Théâtre Français, Ambigu Dramatique, Théâtre de Darnétal, etc.), les comptes-rendus systématiques des premières représentations et des débuts, ainsi que de nombreux articles concernant l’activité théâtrale rouennaise, parisienne et nationale en général.

Le seul dépouillement des annonces du programme du Théâtre des Arts de façon quotidienne nous permet de rendre compte de la part croissante du répertoire des compositeurs italiens au sein du répertoire du théâtre. En voici un exemple :

Spectacles du 15 Mars 1839. / THEATRE-DES-ARTS. / (On commencera à 6 heures ½.) / 1. LOUISE OU LA REPARATION, vaudeville en deux actes. / 2. LE SIEGE DE CORINTHE, grand-opéra en trois actes. / Lundi prochain, première représentation d’ANNE DE BOULEN, opéra-traduction en trois actes. / En attendant GUILLAUME TELL, grand-opéra, retardé par indispositions [28].

Pour cette seule annonce, nous remarquons la présence de trois titres d’opéras de compositeurs italiens et ce phénomène se prolonge et s’amplifie en 1841, avec les passages successifs des trois troupes étrangères venues chanter le répertoire italien :

Spectacles du 18 Avril 1841. / THEATRE-DES-ARTS. / (On commencera à 6 heures ¼.) / Troisième représentation de la COMPAGNIE ITALIENNE. / 1. LE VERRE D’EAU, comédie en cinq actes et en prose. / 2. LUCIA DI LAMMERMOOR, grand-opéra en quatre actes. / Mme Donatelli remplira le rôle de Lucia, et M. Paterni celui d’Edgardo. / Avis. Le public est prévenu que Lucia se jouera d’après la partition italienne. / Incessamment, il Barbiere, par la Compagnie Italienne. / A l’étude, Norma : Mme Matthey remplira le rôle de Norma [29].
Spectacles du 8 Juin 1841. / THEATRE-DES-ARTS. / (On commencera à 7 heures.) / Première représentation de la Compagnie Italienne, / Sous la direction de M. Luigi Castoldi. / Première représentation de SEMIRAMIS, REINE DE BABYLONE, grand-opéra en quatre actes. / Mme Camilla Lodesi remplira le rôle de Sémiramis  ; / M. Giovanni Araldi, celui d’Assur  ; / Mme Marietta Sacchi, celui d’Arsace  ; / M. Honorato Paglieri, celui d’Idrène  ; / M. Achille, celui d’Oroes [30].

Le Journal de Rouen donne également toutes les annonces des concerts ayant lieu au Théâtre des Arts (Troupe des Chasseurs Bavarois) ou dans différents salons bourgeois de Rouen (M. Déjazet, M. Méreaux, salle de l’Hôtel de Ville, etc.). À partir de 1839, nous observons un nombre croissant de pièces italiennes : airs, duo et même ensemble tirés des opéras italiens de Rossini, Bellini et Donizetti. Le programme d’un concert des Chasseurs Bavarois, qui venaient d’obtenir un succès parisien, contient les éléments suivants :


1re partie :
1°. Ouverture de l’Italienne à Alger, de Rossini
2e partie :
1°. Air de Tancrède, de Rossini.
3°. Chœur tyrolien de Guillaume Tell, de Rossini.
4°. Pot-pourri allemand et italien, de Steigenberger (chanteur) [31].

Le 28 janvier 1840, Le Journal de Rouen annonce le programme d’un concert de M. et Mme Gorini. Parmi plusieurs pièces, nous remarquons : une cavatine de Norma (« Casta Diva »), de Bellini, chanté par Mme Gorini ; des fantaisies sur les motifs de Lucia di Lammermoor, pour cornet à piston, exécuté par M. Dupire. Le 22 mai 1840, une soirée musicale donnée par Mme Tomazetti, cantatrice, propose une dizaine de morceaux dont un air du Siège de Corinthe (Rossini), chanté par M. P… , un air de Mathilde de Sabran (Rossini), chanté par Mme Tomazetti, un air de Lucie de Lammermoor (Donizetti), chanté par M. Delnoz et un duetto d’I Pirati (Bellini), chanté par Mme Tomazetti et M. Delnoz.

Les mots « Italie » et « italien », ainsi que les noms de Rossini, Bellini et Donizetti envahissent les pages musicales du Journal de Rouen dans les annonces de concerts, mais également dans les comptes-rendus des premières représentations. L’Italie est la référence et toute comparaison avec les compositeurs italiens paraît nécessaire. Lors du compte-rendu de la première représentation de Guido et Ginevra (grand opéra en 5 actes, livret de Scribe, musique d’Halévy), le 11 avril 1840, nous pouvons ainsi lire que « tout cela peut être bien beau et bien savant, mais n’a pas, pour les masses, le charme des opéras de Rossini et même de Donizetti. »

Quelques professeurs d’italien s’installent en ville et Le Journal de Rouen ne cesse de louer la supériorité de l’italien :

L’italien est la langue musicale par excellence. Il y a longtemps que J.-J. Rousseau a dit : « s’il y a en Europe une langue propre à la musique, c’est certainement l’italienne, car cette langue est douce, sonore, harmonieuse et accentuée plus qu’aucune autre, et ces quatre qualités sont précisément les plus convenables au chant [32].


Le Journal de Rouen
n’est pas le seul périodique témoignant de la forte présence de l’Italie dans l’art lyrique rouennais. La Revue de Rouen ainsi que Le Colibri sont deux autres périodiques réservant dans leurs pages une place pour le théâtre, la littérature et l’activité lyrique nationale. Ils ont une parution moins fréquente que Le Journal de Rouen, mais contiennent d’autres éléments et d’autres points de vue sur la montée croissante du répertoire d’opéras de compositeurs italiens et sur la montée de l’italianisme en général sur le répertoire du Théâtre des Arts.

Le Colibri est l’illustration parfaite du renouveau apporté par le contexte politique et économique des années 1830. Il propose un éclectisme et un regard toujours neuf sur la métropole. Il est une sorte de trait d’union entre la province et Paris, en rendant compte des moindres événements parisiens. Sa parution est bihebdomadaire. Il est spécialisé dans la littérature, les arts, la mode et les spectacles et paraît pendant huit années consécutives : du 1er mai 1836 au 31 décembre 1844 [33].

L’arrivée à Rouen des opéras de Bellini et de Donizetti, le goût soudain du public rouennais pour ce nouveau genre ne constituent pas un phénomène en-soi si surprenant lorsqu’on lit cette presse contemporaine. Cette dernière encourage la présence à Rouen des compositions d’italiens en peignant successivement de sombres tableaux de l’art lyrique français et en réclamant de la nouveauté :

Il nous faut du nouveau, n’en fut-il plus au monde, a dit un poète, et la direction qui vient, comme celle qui s’en est allée, a songé à mettre à profit ce précepte. Le public de la province et celui de la capitale sont aujourd’hui également blasés à l’endroit de la question d’art ; les œuvres lyriques, entre toutes les autres œuvres sont celles qui ont encore le don de faire recette, mais les œuvres lyriques elles-mêmes ont fini par perdre de leur prestige par l’excès même de leur puissance et de leur attrait. L’opéra français (…) est à la demi paralysie, ce qui veut dire qu’il n’attire plus à lui que la moitié des spectateurs qui jadis lui apportaient leurs hommages et leurs offrandes. (…), [les] entrepreneurs de théâtres (…) ne savent plus où se créer des ressources [34].

Chaque création parisienne des opéras des compositeurs italiens fait également l’objet d’un compte-rendu dans le Colibri, la plupart de ses articles vantant les mérites de cette musique, de ces compositeurs et de ce nouveau genre à la mode. Les Rouennais ne pouvaient ainsi qu’attendre avec une certaine impatience la venue dans leur théâtre de ces « génies » et de leurs opéras :

Le Théâtre italien fait venir beaucoup de monde, ils viennent pour la majorité, attirés par l’amour et le sentiment de la musique, que satisfait largement une réunion de virtuoses, unique au monde, en nous traduisant les chefs d’œuvres de l’art lyrique avec une perfection d’ensemble et détails inconnus partout ailleurs. D’autres viennent y chercher le goût qui se répand sur les autres théâtres, les salons de Haute société, et jusque dans l’humble demeure des familles, car, pour absoudre pleinement le Théâtre italien, dont l’existence est chaque année mise en question par des rivalités jalouses qui s’appuient sur un nationalisme étroit et ridicule, il faut surtout le considérer comme modèle et comme enseignement [35].

En 1840, un article fait l’éloge de l’Ecole italienne :

Les compositions de l’école italienne sont de celles qui donnent prise le plus facilement à la critique sous le rapport des procédés techniques ; mais ce qui en fait l’inappréciable mérite, c’est l’inspiration musicale qui y coule à plein bord. Ce sont, en général, des flots de mélodies toutes plus gracieuses les unes que les autres, plus chantantes, plus faciles à retenir, et qui se gravent le mieux dans les souvenirs de la multitude [36].

Ce même journal annonce régulièrement pendant toutes ces années la circulation de ce phénomène parisien vers la province :

Une troupe italienne nomade, qui réunit quelques talents, donne en ce moment à Lyon des représentations très suivies. Un des chefs-d’œuvre de Rossini, Sémiramide, vient d’y être représenté et a été accueilli avec une grande faveur : On aime à voir nos principales villes de province suivre l’élan imprimé de la capitale dans la voie du dilettantisme [37].

Cet article n’est-il pas un appel aux Rouennais ? Le Colibri, ainsi que Le Journal de Rouen sont-ils les traducteurs d’une volonté, celle pour un groupe social ou un milieu social, d’importer l’opéra italien ? Est-ce la volonté du public rouennais, vivant sous l’influence parisienne, de concurrencer ou du moins d’égaler la capitale ? Il est maintenant certain que le public rouennais, fort au courant de l’actualité artistique parisienne, veut pouvoir suivre les goûts parisiens.

Nous pouvons ainsi émettre différentes hypothèses à propos de l’arrivée de ce répertoire en province et particulièrement à Rouen, où nous observons la part des opéras composés par des italiens doubler entre 1839 et 1841, occupant jusqu’à un tiers du répertoire du Théâtre des Arts de Rouen. Le public rouennais a-t-il changé ? Observons-nous l’émergence d’une nouvelle classe au sein même de ce public, avec de nouvelles exigences et un goût différent de leurs prédécesseurs ? Ou serait-ce la volonté de certains directeurs se succédant à la tête du Théâtre des Arts durant ces années de faire valoir l’opéra italien ? Ce sont là quelques hypothèses auxquelles je consacre ma thèse au sein du département de musicologie de l’Université de Rouen.

Notes

[1Jean Mongrédien, La Musique en France, des Lumières au Romantisme, Paris, Flammarion, 1986, p. 125

[2Sur l’opéra italien en France au xviiie siècle, voir Andrea Fabiano, I ‘buffoni’ alla conquista di Parigi. Storia dell’opera italiana in Francia tra Ancien Régime e Restaurazione (1752-1815) : un itinerario goldoniano, Turin, De Sono-Paravia, 1998, et Alessandro Di Profio, La révolution des Bouffons. L’opéra italien au Théâtre de Monsieur 1789-1792, Paris, CNRS éditions, 2003.

[3Il s’agit, en outre, de versions françaises. Voir Joann Élart, Catalogue des fonds musicaux conservés en Haute-Normandie, tome I – Bibliothèque municipale de Rouen, volume I – Fonds du Théâtre des arts (xviiie et xixe siècles), Rouen, PUR, 2004, notices 97 et 505. La version française du Barbier est intimement liée à l’Histoire de l’Opéra à Rouen et de ses relations avec Versailles et la Reine car son traducteur n’est autre que Nicolas-Étienne Framery (Rouen, 1745 - Paris, 1810), qui produite une traduction articulant la musique de Paisiello et la pièce de Beaumarchais pour des représentations à Trianon, puis Versailles et Rouen dans les années 1780.

[4Il Barbiere di Siviglia, opéra buffa en 2 actes, teatro Argentina, Rome : 20 février 1816.

[5La Gazza Ladra, mélodrame en 2 actes, livret de Giovanni Gherardini, La Scala, Milan : 31 mai 1817.

[6Le Siège de Corinthe, grand opéra, livret de Luigi Balocchi et Alexandre Soumet, Paris, salle Le Peletier, 9 octobre 1826.

[7Le Comte Ory, opéra-comique en 2 actes, livret de Eugène Scribe et Delestre-Poirson, Paris, salle Le Peletier : 20 août 1828.

[8L’Italiana in Algeri, mélodrame en 2 actes, livret de Angelo Anelli, Venise, San Benedetto, 22 mai 1813.

[9Otello, ossia Il Moro di Venezia, opéra seria en 3 actes, livret de Francesco Berio di Salsa, teatro del Fondo, Naples : 4 décembre 1816.

[10Guillaume Tell, grand opéra en 4 actes, livret de Etienne de Jouy, Bis et Marrast, Paris, salle Le Peletier : 3 août 1829.

[11Moïse et Pharaon, ou le Passage de la Mer Rouge, grand opéra en 4 actes, livret de Luigi Balocchi et Etienne de Jouy, salle Le Pelletier, Paris : 26 mars 1827.

[12Semiramide, mélodrame tragique en 2 actes, livret de G. Rossi, Venise, La Fenice : 3 février 1823.

[13La Sonnambula, mélodrame italien en 2 actes, livret de Felice Romani, d’après Eugène Scribe et J.-P. Aumer : la Somnambule, ou l’arrivée d’un nouveau seigneur : ballet-pantomime, teatro Carcano, Milan : le 6 mars 1831.

[14I Puritani, opéra seria en 3 actes, livret de C. Pepoli, Paris, Théâtre-Italien : 24 janvier 1835.

[15Norma, opéra seria en 2 actes, livret de Romani, La Scala, Milan, 26 décembre 1831.

[16I Capuleti e i Montecchi, opéra seria en 2 actes, livret de Romani, La Fenice, Venise : 11 mars 1831.

[17Anna Bolena, opéra seria en 2 actes, livret de Romani, Carcano, Milan : 26 décembre 1830.

[18Lucia di Lammermoor, opéra seria en 3 actes, livret de S. Cammarano, teatro San Carlo, Naples : 26 septembre 1835.

[19Roberto Devereux, ossia Il conte di Essex, opéra seria en 3 actes, livret de Cammarano, d’après F. Ancelot : Elisabeth d’Angleterre, teatro San Carlo, Naples : 29 octobre 1837.

[20Gemma di Vergy, opéra seria en 2 actes, livret de E. Bidera, d’après Dumas : Charles VII, La Scala, Milan : 26 décembre 1834.

[21Belisario, opéra seria en 3 actes, livret de Cammarano, d’après J.-Fr. Marmontel, La Fenice, Venise, 4 février 1836.

[22L’Elisir d’Amore, opéra en 2 actes, livret de Romani, d’après E. Scribe : Le Philtre, Canobbiana, Milan, 12 mai 1832.

[23La Favorite, grand opéra en 4 actes, livret de Royer et Vaëz, d’après Baculard d’Arnaud : Le Comte de Comminges, Opéra-Comique, Paris : 2 décembre 1840.

[24Nizza de Grenade, grand-opéra en 4 actes, livret de M. Etienne Monnier, arrangées pour la musique de Lucrezia Borgia.

[25Les Martyrs, grand opéra en 4 actes, seconde version de Polutio, livret de E. Scribe, Opéra, Paris, 10 avril 1840.

[26La Fille du Régiment, opéra-comique en 2 actes, livret de J. H. V. de Saint Georges et J. F. A. Bayard, Opéra-Comique, Paris : 11 février 1840.

[27Don Pasquale, opéra buffa en 3 actes, livret de G. Ruffini et Donizetti, d’après A. Anelli : Marc’Antonio, Italien, Paris : 3 janvier 1843.

[28Le Journal de Rouen, 15 mars 1839.

[29Le Journal de Rouen, dimanche 18 avril 1841.

[30Le Journal de Rouen, mardi 8 Juin 1841.

[31Le Journal de Rouen, 28 septembre 1840.

[32Le Journal de Rouen, 19 avril 1840.

[33Voir Sophie Helouard, « Le Colibri », un journal littéraire rouennais (1836/1841), maîtrise dir. Florence Naugrette, université de Rouen, 1998.

[34Le Colibri, 20 mai 1841.

[35Le Colibri, 8 octobre 1837.

[36Le Colibri, 25 octobre 1840.

[37Le Colibri, 25 mars 1838.


Pour citer l'article:

Sylvain Langlois, « L’arrivée des opéras de Rossini, Bellini et Donizetti au Théâtre des Arts » in Un siècle de spectacles à Rouen (1776-1876), Actes du colloque organisé à l’Université de Rouen en novembre 2003 par Florence Naugrette et Patrick Taïeb.
(c) Publications numériques du CÉRÉdI, "Actes de colloques et journées d'étude (ISSN 1775-4054)", n° 1, 2009.

URL: http://ceredi.labos.univ-rouen.fr/public/?l-arrivee-des-operas-de-rossini.html

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