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Frank LESTRINGANT

Université de Paris-Sorbonne

Proverbes dramatiques de Carmontelle

L’auteur

Professeur à la Sorbonne, Frank Lestringant est spécialiste de littérature française du XVIe siècle, mais aussi d’Alfred de Musset, auquel il a consacré une biographie (Flammarion, 1999), et de nombreux articles et dont il a édité plusieurs œuvres (« Folio », Gallimard, Livre de Poche, Garnier).


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Louis Carrogis, dit Carmontelle, a laissé une œuvre abondante, en partie manuscrite. Une œuvre diverse, amusante, plaisante à voir sans doute, mais, pour dire la vérité et le fin mot de l’affaire, décevante à la lecture. C’est une œuvre dont le plaisir vient, non tant de ce que l’on peut la voir jouée, mais de ce que l’on peut la jouer, et de la jouer ensuite soi-même sans délai ni retard. Autrement dit, elle n’existe pas de façon entière, autonome, arrachée à un auteur, mais dans l’immédiateté et la connivence qui s’établit d’emblée entre le texte et le lecteur, possible acteur de ce qu’il découvre et répète aussitôt à voix haute. Tous deux sont de bon ton, sans excès, ni dans l’éloquence, sauf sur le mode parodique, ni dans la vulgarité, sauf sur le mode atténué et presque par accident. Auteur et texte appartiennent l’un et l’autre au même petit monde feutré, sans excès d’aucune sorte, de bon goût, sans lyrisme ni déclamation. Ils vont de soi et ne sauraient décevoir par conséquent que le lecteur avide de nouveauté et d’imprévu. La surprise n’y est jamais totale ni profonde. La reconnaissance y est toujours prévisible. Le drame, quand il est près d’éclater, s’y résout en une vérité amère et lucide, sans rien de pire ou de plus grave à craindre.

C’est ce caractère prévisible du Proverbe [1] qui a fait son succès, et qui fait peut-être aujourd’hui son caractère décevant. Il n’y a rien dans le Proverbe de profondément surprenant ou dérangeant. D’où le plaisir paisible qu’il suscite, et les surprises, toujours modérées, rarement dérangeantes, et jamais tragiques, qui le concluent. Le Proverbe, de toutes les manières, évite le pire.

Topographe, tel fut au départ le métier de Carmontelle. C’est l’activité qu’il mena pendant la guerre de Sept Ans, occupant ses loisirs à croquer les soldats de son régiment. Il relève, il copie d’après nature, en deux heures de temps il croque. Et ce faisant il fixe à merveille les travers des types sociaux, les traits, les comportements. Quand vient le retour à la paix, les relevés topographiques font place aux portraits des dames de la société et des gentilshommes qu’il esquisse et saisit à la file. Le baron Grimm témoigne : « Ces portraits de figures, toutes en pied, se font en deux heures de temps avec une facilité surprenante [2] ». Il s’agit toujours de tromper le temps, et de s’instruire. Mais surtout Carmontelle s’amuse à observer, à croquer, et de là à représenter. De l’observation à la mise en scène, il n’y a qu’un pas. Entré au service du duc d’Orléans, il se plaît à peindre les petites sociétés, file de courtes intrigues, amène en quelques scènes le bon mot ou l’amère conclusion. Ses proverbes et ses petites comédies ont un succès fou sur les théâtres de société, chez son patron et mécène, à Villers-Cotterêts et à Bagnolet, ou chez Mlle Guimard, danseuse et grande courtisane [3]. L’une de ces comédies en un acte, Le Chat perdu, est même arrangée en opéra-comique et mise en musique par Jean-Benjamin de Laborde pour être représentée chez la Guimard ou à la Comédie Italienne en 1769 [4]. De la fête privée à la scène publique, Carmontelle s’affirme en « amuseur [5] » né.

Le Proverbe obéit donc à un modèle ludique. C’est un jeu. Il s’agit de reconnaître le proverbe qu’on donne à entendre, mais qui n’est jamais prononcé. Ce modèle ludique peut aussi être un modèle instructif, éducatif, mais sans rien qui pèse ou qui pose. On distingue divers genres du Proverbe : le pastiche, le portrait, la scène de genre, ou bien la farce, comme, on verra, dans Le Peintre en cul-de-sac. Mais jamais le Proverbe ne dure ou ne pèse. Il esquisse, il suggère, bien plus qu’il ne formule ouvertement.

Que dire encore des Proverbes de Carmontelle ? Faut-il en dire quelque chose de nouveau, d’inédit, ou ne peut-on revenir à ce qu’en déclarait le préfacier, autrement dit le modeste Carmontelle lui-même ? C’est sans doute la meilleure manière de ne pas le trahir, et d’accepter la part déceptive, et à tout le moins retenue, du genre, celle qui irritait tant Diderot, prompt à juger le sujet « joli », comme celui de La Rose rouge, mais le Proverbe « détestable [6] ». C’est l’histoire de M. Brossart, maître-peintre qui peint une rose rouge sur l’enseigne de M. Vinot, cabaretier, qui voulait un lion d’or. La conclusion et la morale vont dans le sens de la modestie : « Qui dit ce qu’il sçait, qui donne ce qu’il a, qui fait ce qu’il peut n’est pas obligé à davantage [7]. » Ce proverbe sera plus tard repris par Musset qui en fait la conclusion de son conte Mimi Pinson, profil de grisette [8].

Dans l’édition de 1773, au seuil de l’ouvrage, on lit un avis : « On a supprimé dans cette nouvelle Edition des Proverbes Dramatiques, le titre d’Amusemens de Société, que portaient les tomes III et IV, qu’on avait imprimés par parties ; parce que beaucoup de personnes présumoient que c’étoient deux Ouvrages distincts et de différents Auteurs. Cette nouvelle Edition est augmentée de deux nouveaux Volumes qu’on vendra séparément aux personnes qui sont déjà pourvues des quatre premiers [9]. » Le frontispice gravé des Proverbes dramatiques représente la Vérité demi-nue « qui se cache derrière un Sphinx, symbole de l’Énigme, et que des Génies en se jouant, s’efforcent de dévoiler. Les attributs de la gaîté et de la Comédie caractérisent le jeu des Proverbes [10]. » Au pied du socle où repose le Sphinx ou la Sphinge, une marotte de fou, un masque, un tambourin, une flûte ou flageolet, des roses. Des génies coquins ailés, dans le ciel, tirent à eux le voile qui n’enveloppe – plus beaucoup – la Vérité. Le Sphinx est tourné à gauche. La page de titre est suivie d’un « Avertissement de l’Éditeur », ainsi rédigé :

Ce que l’on donne ici au Public, n’est autre chose qu’une partie d’un Manuscrit trouvé dans les rues de Paris, la nuit, et dont l’adresse était entièrement effacée. On l’a annoncé en vain plusieurs fois dans les petites Affiches, et personne ne l’a réclamé ; l’on a vu seulement qu’il était adressé à une Dame qui est en Province ; ainsi il lui parviendra par la voie de l’impression
Ce qui a déterminé l’Editeur de cet Ouvrage ; c’est le goût qu’il paraît que beaucoup de personnes ont pris à voir jouer des Proverbes, et même à en jouer. L’on en trouvera ici qui ont été représentés quelquefois dans différentes Sociétés.
En parcourant la lettre que l’Auteur écrivait à la Dame, à qui il adressait ce Recueil, on verra pourquoi l’Auteur a dialogué ces Proverbes. Il y dit aussi pourquoi ils ne sont pas écrits avec plus de soin. S’ils réussissent vis-à-vis du Public, on lui donnera tout ce que contient le Manuscrit trouvé [11].

La lettre explique ce que c’est qu’un Proverbe, à vrai dire un canevas de comédie, comme il en existe tant, et auquel s’ajoute seulement une devinette. De la sorte, le plaisir de voir se complète de celui de reconnaître. Le plaisir de voir culmine dans la reconnaissance. On est entre familiers. On s’amuse de ce que l’on voit tous les jours ou de ce que l’on pressent seulement, et qui est à portée de main. La reconnaissance réconcilie avec l’environnement. Elle replonge le spectateur dans son milieu, après lui en avoir fait apercevoir l’insolite ou l’incongru. Cette révélation ne va jamais jusqu’au scandale ou au crime ; elle se fait sur le mode du jeu, de l’allusion plaisante ou légèrement grinçante. C’est une réconciliation en douceur que propose le jeu du Proverbe, et non pas une révolte. Le réel se retrouve, légèrement différent de ce que l’on pensait de lui, mais tout juste plus riche, plus neuf et plus décapant, malgré tout prévisible, et prévisible jusque dans le moindre détail :

Il n’y a presque pas de Comédie à laquelle on ne pût donner un Proverbe pour titre, si l’on voulait. On dirait du Joueur, promettre et tenir sont deux. Du Philosophe marié, un peu de honte est bientôt passée, etc.
Le Proverbe Dramatique est donc une espèce de Comédie, que l’on fait en inventant un sujet, ou en se servant de quelques traits, quelque Historiette, etc. Le mot du Proverbe doit être enveloppé dans l’action, de manière que si les Spectateurs ne le devinent pas, il faut lorsqu’on le leur dit, qu’ils s’écrient : ah ! c’est vrai : comme lorsqu’on dit le mot d’une Enigme, que l’on n’a pû trouver.

Le Proverbe Dramatique est très agréable quand il y a beaucoup de gaieté ; mais il ne l’est pas moins quand l’action est intéressante, surtout si l’on y joint la vérité du Jeu [12] […].

Toutefois, ce côté didactique du Proverbe, calqué sur la réalité et dessinant une vérité morale criante que le proverbe tacite, revenant au cours de l’action à l’esprit du spectateur, est chargé d’exprimer, n’empêche pas l’improvisation, ni les variations, ni les modulations. Le texte proposé n’est destiné qu’à fournir aux acteurs le canevas à partir duquel toutes les variations sont possibles :

Toutes les fois que l’on sait ce que l’on a à dire, quand on parle à quelqu’un, on le dit sans penser au ton que l’on donnera à chaque mot ; parce qu’on ne sait que le fond de la scène et non les phrases qu’on emploiera ; ainsi, tous les tons et toutes les manières seront toujours vrais, quand on aura bien saisi le caractère que l’on voudra rendre. Il existe tant de modèles vivants dans tous les genres, qu’il s’en présentera en foule à l’imagination. En s’habillant selon les rôles, les Proverbes seront plus piquants [13].

Le fond de la scène importe seul ; non les phrases mêmes. L’habit compte plus que l’exactitude des mots, le ton que le texte. C’est pourquoi l’on s’amuse à jouer les Proverbes, et à s’habiller pour les jouer. Le déguisement fait déjà partie du plaisir ; il produit la situation, suggère les répliques, donne le ton. Il est important d’emprunter au départ l’habit d’autrui ; viennent alors ses mots, d’affilée et dans un certain désordre. S’ensuivent des considérations sur le style du Proverbe, qui ne requiert que le naturel et le familier :

Dans ces Dialogues, je n’ai cherché à mettre que le ton de la conversation, et je ne me suis point appliqué à faire de belles phrases ; parce qu’il n’en faut point faire en jouant les Proverbes : ce qu’il y a d’essentiel, c’est que chaque acteur parle suivant le genre de son Rôle ; ainsi, ce n’est pas du style que vous trouverez ici ; mais un grand désir d’avoir le ton de la vérité [14].

Les mots des Proverbes ne sont qu’à la fin des volumes, de sorte que l’on « puisse les deviner en les lisant ». En définitive, le proverbe, absent durant toute la durée du jeu, inexistant dans la lettre du texte, se révèle à la fin, après coup, et par supplément. Le Proverbe cumule donc de la sorte deux plaisirs distincts, deux types de reconnaissance habilement mêlés, et qu’il conjugue à loisir : reconnaissance du réel et reconnaissance de la phrase omise. Le langage referme le Proverbe sur lui-même, après avoir un instant suggéré l’inconnu, peut-être même l’inquiétude, à tout le moins la colère et la lassitude, mais sans plus. La réalité reprend le dessus et suit son cours.

Même les chutes les plus brutales, comme celle de La Veste brodée, lorsque la Marquise excédée se sépare du Comte jaloux pour suivre le jeune et galant Chevalier [15], n’ont rien que d’attendu en définitive. Le monde sur lequel le Proverbe se referme est en ordre, même s’il n’est pas parfait. Mais qu’il prête à rire ou à grincer, il continue d’aller et de tourner.

Le Proverbe et la Comédie

Du point de vue générique, le Proverbe est à rapprocher de la Comédie. Chez Carmontelle c’est très exactement une petite comédie, une comédie sans prétention. Mais sur la Comédie, le Proverbe a un avantage décisif : il est plus vrai, il est plus parlant. Il laisse à penser ce que la Comédie omet de dire. Il dit tout simplement les choses. On peut le lire énoncé en toutes lettres dans l’« Avertissement de l’éditeur » qui précède le tome VII :

Dans cette suite de Proverbes, on en trouvera plusieurs qui pourraient tenir lieu de petites comédies ; mais on a pensé qu’en ne mettant pas de prétentions à ces sortes de drames, ce serait suivre l’opinion du Public, qui les appellerait toujours des Proverbes. Eh, qu’importe le nom, pourvu qu’on s’en amuse !
On s’occupe peu à Paris des pièces qu’on fait imprimer, lorsqu’on ne les a pas vu jouer ; pourquoi cela ? C’est que l’on n’a pas le temps de lire, qu’on ne s’en avise jamais que sur la réputation du livre, qui n’en saurait avoir avant d’être lu, et que l’on croit que tout ce qui n’a pas été joué sur le théâtre public, n’était pas fait pour l’être ; sans penser aux difficultés que peut rencontrer un Auteur, pour faire jouer ses ouvrages […].
Les pièces non connues ont tout un autre attrait, et le mérite des Acteurs est plus satisfaisant : la curiosité des spectateurs alors est prolongée, et tient en entier à la pièce, et l’on s’en amuse davantage. Telle pièce qui aura beaucoup de vérité, jouée par les gens du monde, plaira plus sur un théâtre particulier, qu’entre les mains des Acteurs de profession, qui jouent pour le parterre, à qui ils s’adressent pour en être applaudis, surtout dans les apartés, et toujours dans les monologues, où ils semblent vouloir le haranguer [16].

On voit ici toute l’habileté de Carmontelle à défendre son petit genre où il est passé maître. Modeste, le Proverbe l’est sans doute. Mais il est vrai, il sonne juste, là où la Comédie ment, pour plaire au parterre.

Qu’est-ce qu’en fait un Proverbe ? Selon Alain Beretta, « on peut définir le Proverbe comme une petite comédie de société, qui n’est qu’accessoirement une devinette ; d’ailleurs, le mot du proverbe ne constitue jamais le titre de l’œuvre, mais n’est dévoilé qu’à la fin par une note ». Les Proverbes de Carmontelle renferment « deux qualités essentielles : vivacité du sens théâtral ; naturel de la peinture humaine [17] ». Le secret de Carmontelle pour lancer l’action consiste à introduire un incident insolite ou farfelu dans la vie quotidienne.

Illustration du procédé : Le Peintre en cul-de-sac. D’emblée la scène est ainsi présentée : « La scène est à Paris, dans un cul-de-sac ». Puis au-dessous ce commentaire est précisé : « La scène représente un grand mur, sur lequel on a préparé un enduit de plâtre pour écrire. Il y a une grande pierre isolée, sur le pavé [18]. » Ce pavé, cette grande pierre, ce grand mur couvert d’enduit frais, c’est tout le décor dont on a besoin. Il ne manque plus que les personnages : M. le Maire, « en robe de chambre », Le Gris, « un balai à la main », M. Le Clerc, muni de la permission municipale. Survient ensuite le peintre, qui est le personnage principal, « avec un bonnet, un tablier, un pot à couleur et un pinceau [19] ». Ce rapin est plaisamment appelé « M. Raphaël », comme l’illustre peintre d’Urbino, le génie de la Renaissance, dont il n’a certes pas le talent. M. Raphaël se met au travail en chantant, mais doit bientôt s’interrompre par suite d’un besoin corporel inopiné, qu’il s’empresse de satisfaire derrière la grande pierre, avant de revenir soulagé et de se remettre joyeusement au travail. Il a bientôt terminé, lorsque M. le Maire reparaît, habillé de frais, mais aussitôt incommodé par l’odeur. Il a cette phrase de conclusion, amère et de colère contenue : « Il faut avoir une belle patience avec ces gens-là [20]. » Le proverbe n’est pas donné par les personnages. On le trouve tout à la fin du livre, où il faut le rechercher : « Nécessité n’a point de loi [21]. »

La plaisanterie scatologique, dans ce Proverbe, n’est pas sans arrière-pensée. Comme on le voit, la bonne société ne répugnait pas à rire de choses indicibles ou honteuses. On a beau être sous le règne du classicisme, qui proscrit le grotesque et le bas matériel grossier, la plaisanterie a cours nonobstant, et chacun, dans les salons de la fin de l’Ancien Régime, s’y prête volontiers. La leçon pourrait être en rapport avec ce non-dit : en dépit de la volonté affichée de M. le Maire, la propreté corporelle est bien fragile à défendre, et l’ordure, qui n’ose dire son nom, revient et s’obstine malgré les défenses ironiquement et ostensiblement affichées [22].

Passons au Boudoir, un autre Proverbe de Carmontelle. Le boudoir est le lieu libertin par excellence, celui de toutes les audaces et de tous les travestissements. C’est dans le boudoir que la faute est légale, que le corps se lâche, convoitant et jouissant. La notice liminaire indique le propos franchement fripon qui a présidé à l’instauration du boudoir : « La scène est chez M. de Bourval, dans un boudoir neuf, orné de glaces, de peintures agréables, de meubles précieux et à la mode. » Commence une visite guidée des lieux par le propriétaire « entrant le premier ». Une fois la porte refermée, il expose sans retard à M. d’Orsant son programme : Mlle de Saint-Edme, tout juste arrachée au couvent, et indifférente aux hommes, doit y perdre sa réserve et se laisser gagner à l’amour, tombant dans les bras de son protecteur, lequel a décidé d’en faire sa femme. On observe bientôt que M. de Bourval se distingue par sa brusquerie et sa suffisance. M. d’Orsant ayant suggéré de « ne faire peindre ici que les amours de Jupiter, au lieu de ceux d’Apollon, d’Adonis, d’Endymion, de Mars : cela aurait mieux dirigé ses pensées sur vous », il le coupe brutalement : « Je n’aime point cette mauvaise plaisanterie-là, je vous en avertis », lance-t-il à son visiteur [23]. L’ironie est proscrite, comme contraire à sa volonté toute-puissante, dérangeant de toute évidence ses plans. Or les choses ne se passent pas comme prévu. Le timide Chevalier de Gorville, éperdument amoureux de la belle innocente, se dissimule dans la garde-robe, pendant que Mlle de Saint-Edme apparaît, aussitôt éblouie par les peintures peu chastes du cabinet. Comme le lui fait remarquer la coquine Sophie, sa femme de chambre, la jeune femme y est représentée en Vénus, tombant amoureuse d’Adonis endormi, qui a les traits du Chevalier. Celui-ci sort brusquement de sa cachette et se jette à ses genoux, portant le comble au bonheur de la jeune fille. M. de Bourval se manifeste enfin, décidément trop tard, pour constater sa défaite. Il quitte la scène en maugréant, lâchant à l’adresse de M. d’Orsant, l’oncle du Chevalier de Gorville, cette dernière réplique : « Oui, oui ; mais mon ami est un grand fripon [24]. » En fin de volume, on peut lire « l’explication » suivante : « Il bat les buissons, et les autres prennent les oiseaux [25]. » Le jeu libertin est vaincu, et les plans machiavéliques de M. de Bourval, qui pensait détourner à lui les bienfaits de son défunt ami, sont tout-à-coup ruinés. La morale est sauve, et le prétexte libertin n’a servi qu’à fonder une union légitime et durable. Une fois de plus, Carmontelle se fait le porte-parole d’une morale bourgeoise, respectueuse des valeurs attendues. Non pas la religion, bien sûr, mais l’âge des protagonistes, et surtout leur volonté intime, et leurs plus chers désirs.

Comme l’estime Alain Beretta, « plus qu’un véritable créateur, Carmontelle est surtout un témoin, mais qui renseigne comme nul autre sur le ton et les manières de la fin du XVIIIe siècle [26]. » Il a tracé dans son théâtre « une galerie de toutes les catégories sociales ». On y perçoit non seulement le « plaisir de s’encanailler de la part de la bonne société aristocratique », mais plus profondément ces pièces révèlent « que le tiers état est en marche ». Certes Carmontelle n’a pas prévu que la bourgeoisie deviendrait la classe dominante, mais « en décrivant la société de son époque avec tant d’objectivité, de pittoresque et de bonne humeur, ce serviteur des Orléans a assuré une sorte de transition entre la fin du XVIIIe siècle et la Monarchie de Juillet [27] ».

Le destin des Proverbes

La « Lettre d’un amateur de Proverbes, en Province, à l’Auteur », est révélatrice du succès des Proverbes : « Nous jouons ici vos Proverbes, Monsieur, avec beaucoup de succès ; j’ose le dire parce que je suis un de ceux dont le talent les font le moins valoir, et que ce n’est pas de moi que je parle [28] ». L’éditeur complète : « D’après cette Lettre, on s’est cru obligé dans cette édition, d’indiquer les habillements, ce que bien des gens trouveront peut-être ridicule [29] », mais qui s’avère fort utile pour donner des idées aux amateurs novices, aux troupes improvisées, aux provinciaux désireux d’imiter les loisirs de la capitale. L’ensemble, à cette date, comprend « six volumes, contenant quatre-vingts deux Proverbes ; les Amusements de Société faisant partie de cet ouvrage, à qui on avait donné mal à propos, un autre titre, à la sollicitation du Libraire [30]. » Avec l’édition successive, de 1781, le nombre de Proverbes de la collection augmente encore jusqu’à cent trois. Des compléments posthumes à ce corpus, parus en 1811 et 1825, témoignent d’un intérêt encore bien vivant sous la Restauration, relayé par les premiers biographes et commentateurs. Selon Beuchot les Proverbes dramatiques ont assigné à Carmontelle « une place dans la littérature », et constituent encore « le plus joli répertoire pour les théâtres de société », ainsi qu’« une mine où beaucoup d’auteurs de nos jours ont puisé sans façon [31] ».

Le Proverbe a pris avec le temps un air de nostalgie. La Révolution a éclaté, la Terreur répandu ses ravages, le sang englouti les mots d’esprit. Le Proverbe appartient bientôt à un passé révolu et en acquiert un prestige irrépressible. En 1812, critique envers les amusements de la nouvelle jeunesse dorée d’Empire, Madame de Genlis se désole : « On jouait jadis des proverbes, ce qui demandait de l’esprit, car ces proverbes étaient des petites comédies impromptues ; on avait quitté cet amusement pour les charades, qui n’exigent assurément aucuns frais d’esprit. [32] »

Les Proverbes et Comédies posthumes de Carmontel, précédés d’une notice par Madame la comtesse de Genlis, qui sont publiés en 1825 à Paris chez Ladvocat, évoquent ainsi le défunt auteur, en regrettant les qualités d’un autre âge et en supprimant au passage la terminaison féminine de son nom : « M. Carmontel fut aussi heureux qu’il méritait de l’être : il eut des amis, un grand nombre d’admirateurs ; son caractère était si doux, ses mœurs si pures, ses talents si aimables, qu’il n’excita jamais la haine et l’envie. Il jouissait d’une honnête aisance, il fut toujours loué, aimé, considéré ; et, dans un âge très-avancé, il termina paisiblement ses jours au sein de sa patrie ». Une note précise : « Il est mort le 26 décembre 1806. » Le texte continue : « Enfin ces proverbes, que l’on jouait presque tous les soirs après souper, lui procuraient des liaisons intimes avec plusieurs personnes de la société auxquelles il apprenait à les jouer. » Avec cette note : « Il se chargeait toujours du rôle des maris bourrus [33]. » Mme la Comtesse de Genlis conclut : « Carmontel prit toujours pour base de ses petites pièces un proverbe qu’il mettait en action avec un art infini et un naturel charmant. » Elle précise dans une note : « Cette idée n’était pas de son invention ; très longtemps avant Carmontel, une personne nommée Mme Durand avait fait imprimer un petit recueil de Proverbes dramatiques, mais qui tomba promptement dans l’oubli, parce que toutes ces petites pièces étaient de la plus grande insipidité. » Mme de Genlis conclut alors son portrait de Carmontel[le] : « Il ne manquait jamais de placer dans ces pièces un rôle qu’il se réservait, celui d’un mari à la fois avare, amoureux, jaloux et bourru ; ce caractère original rempli de nuances et de traits piquants, formait un rôle d’autant plus difficile, que le Théâtre Français n’offrait à cet égard aucun modèle [34]. »

Le genre du Proverbe se colore au XIXe siècle d’anachronisme. Il s’empreint de nostalgie. Il renvoie à une société qui n’existe plus, engloutie dans le carnage de la Révolution et de l’Empire. Telle est sa valeur chez Musset. Comme l’observe Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval, « célébration d’une gaîté perdue, témoignage sur une époque à jamais révolue, nostalgie et bonheur retrouvés à travers ces évocations se conjuguent alors, à l’occasion des rééditions de corpus remis à l’honneur [35] ! »

Cependant, comme le note Sylvain Ledda, « le proverbe n’est pas pour Musset une jolie boîte fermée sur elle-même [36] ». Nostalgique sans doute, mais plus encore iconoclaste, Musset désorganise le Proverbe. La pièce de Musset On ne saurait penser à tout s’inspire du Distrait de Carmontelle. « Aux marionnettes sans âme de son prédécesseur, il substitue des êtres qui sentent et qui pensent [37]. » L’Âne et le Ruisseau simplifie Le Legs de Marivaux mais approfondit le 81e proverbe de Carmontelle, L’Amant malgré lui [38]. Le genre « a pris une coloration plus âpre, voire contestataire, sous la Restauration, pour s’épanouir avec Musset en une véritable comédie raffinant l’analyse psychologique et aboutissant même, une fois, à la tragédie. Mais un tel approfondissement du genre a été si radical qu’il l’a fait simultanément éclater : les pièces de Musset sont des pièces à part entière dont seul le titre est un proverbe [39] ». Ainsi en irait-il de On ne badine pas avec l’amour, le plus illustre, et en même temps le plus tragique des Proverbes de Musset. Mais il se pourrait qu’Alain Beretta ait une conception trop étroite du Proverbe. On constate l’inadaptation de toute morale, et en particulier de la morale moyenne du Proverbe, au déroulé de la vie, aux soubresauts de l’existence, aux drames qu’occasionne la passion. Ce faisant, Musset s’est écarté de la ligne claire prônée par Carmontelle : « Musset n’a nullement prétendu peindre une réalité sociale. De même, ses abbés gloutons et ingénus, ses comtesses écervelées, ses jeunes libertins, ses oncles indulgents viennent pour la plupart en droite ligne des Proverbes dramatiques [40]. » Sans doute, mais des Proverbes exacerbés, rendus plus âpres et plus agressifs par l’abandon du feutré de Carmontelle et de l’optimisme des Lumières.

Après Musset, qui constitue à tous égards une glorieuse exception, les Proverbes sont tombés dans l’oubli : d’Octave Feuillet à Paul Bourget, en passant par Édouard Ourliac et Henry Bordeaux, ils poursuivent une intention moralisante. Définitivement et platement.

Bibliographie

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[BEUCHOT, Adrien-Jean-Quintin], « Carmontelle », dans Biographie universelle, Paris, Michaud frères, 1813, t. VII.

BERETTA, Alain, « L’évolution d’un genre dramatique. Le Proverbe, de Carmontelle à Musset », Ruptures et continuité. Des Lumières au symbolisme. Actes du colloque de Besançon des 18-20 décembre 2002, recueillis et publiés par France Marchal-Ninosque, Presses Universitaires de Nancy, 2004.

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CARMONTELLE, [Louis Carrogis, dit], Proverbes dramatiques, Théâtre du XVIIIe siècle, II, textes choisis, établis, présentés et annotés par Jacques Truchet, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1974.

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GRIMM, Friedrich Melchior, Correspondance littéraire, philosophique et critique par Grimm, Diderot, Raynal, Meister, etc. ; revue sur les textes originaux […] par Maurice Tourneux, Paris, Garnier frères, 1877-1882.

MUSSET, Alfred de, Contes, texte établi par Gilles Castagnès, annoté par Gilles Castagnès et Frank Lestringant, Paris, Classiques Garnier, 2009.

PLAGNOL-DIÉVAL, Marie-Emmanuelle, « Éditer le théâtre de société : le cas de Carmontelle », Travaux de littérature, Adirel, Genève, Droz, XIV, 2001, p. 321-334.

PLAGNOL-DIÉVAL, Marie-Emmanuelle, « Le personnage de l’amant malgré lui chez Marivaux, Carmontelle et Musset », Revue d’Histoire Littéraire de la France, janvier 2006, no 1, p. 37-46.

Notes

[1Je ne donne la majuscule à Proverbe que lorsqu’il s’agit du genre.

[2Friedrich Melchior Grimm, Correspondance littéraire, philosophique et critique par Grimm, Diderot, Raynal, Meister, etc. ; revue sur les textes originaux […] par Maurice Tourneux, Paris, Garnier frères, 1877-1882, t. 5, mai 1763, p. 283.

[3Marie-Madeleine Guimard (1743-1816), danseuse de l’Opéra, « célèbre par son luxe, sa maigreur, ses grâces, par quelques actes de bienfaisance et par ses amants » (Jacques-Antoine Dulaure, Histoire physique, civile et morale de Paris, Paris, Au Bureau des Publications illustrées, 1847, III, p. 470). Elle s’était fait bâtir un petit théâtre dans sa maison de Pantin et un autre, plus grand et plus luxueux, dans son hôtel particulier de la Chaussée d’Antin. Elle y faisait représenter le répertoire le plus leste de Collé et des proverbes de Carmontelle. Voir Encyclopédie des gens du monde, Paris, Treuttel et Wurtz, t. XIII, 1840, p. 291 ; et Edmond de Goncourt, La Guimard, Paris, Flammarion, 1893.

[4Voir la base de données CESAR et Clarence Brenner, A Bibliographical list of plays in the French language, 1700-1789, Berkeley, 1947, no 4387 : Le Chat perdu, comédie en un acte en prose, et no 4388 : Le Chat perdu, opéra-comique, en un acte prose, mêlé d’ariettes.

[5J’emprunte le qualificatif à A. Augustin-Thierry, Trois Amuseurs d’autrefois : Paradis de Moncrif, Carmontelle, Charles Collé, Paris, Plon-Nourrit, 1924.

[6Denis Diderot, « Amusements de société, ou Proverbes dramatiques, par M. de Carmontelle, deuxième suite (inédit) », dans Miscellanea dramatiques, Œuvres Complètes, éd. J. Assézat, Paris, Garnier, tome VIII, 1875, p. 490.

[7Carmontelle, Proverbes dramatiques, Paris, chez Lejay, 1773, tome III, explication du proverbe 43, La Rose rouge, p. 176.

[8Alfred de Musset, Contes, texte établi par Gilles Castagnès, annoté par Gilles Castagnès et Frank Lestringant, Paris, Classiques Garnier, 2009, p. 296.

[9Carmontelle, Proverbes dramatiques, Paris, chez Lejay, 1773, tome premier, n. p. Comme le fait remarquer Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval, l’argument avancé dans cet « avis » « est à la fois littéraire et publicitaire : il s’agit de constituer une bibliothèque des proverbes de Carmontelle », qui ont atteint le nombre de 82 dans cette 3e édition de 1773 (Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval, « Éditer le théâtre de société : le cas de Carmontelle », Travaux de littérature, Adirel, Genève, Droz, XIV, 2001, p. 328).

[10Carmontelle, Proverbes dramatiques, op. cit., didascalie de la gravure, n. p.

[11Ibid., « Avertissement de l’Éditeur », n. p.

[12Ibid., « Lettre de l’Auteur à Madame de *** », p. VII.

[13Ibid., p. VIII.

[14Ibid., p. IX.

[15Ibid., tome II, p. 191-216.

[16Ibid., tome VII, 1781, « Avertissement de l’éditeur », p. 1 et 4.

[17Alain Beretta, « L’évolution d’un genre dramatique. Le Proverbe, de Carmontelle à Musset », dans Ruptures et continuité. Des Lumières au symbolisme. Actes du colloque de Besançon des 18-20 décembre 2002, recueillis et publiés par France Marchal-Ninosque, Nancy, Presses Universitaires de Nancy, 2004, p. 175-186 ; cité p. 176.

[18Carmontelle, Le Peintre en cul-de-sac, Théâtre du XVIIIe siècle, II, textes choisis, établis, présentés et annotés par Jacques Truchet, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1974, p. 742.

[19Ibid., scène 4, p. 744.

[20Ibid., scène 6, p. 749.

[21Ibid., « Explication des Proverbes », p. 777.

[22Remarque voisine de Jean-Hervé Donnard, Le Théâtre de Carmontelle, Paris, Armand Colin, 1967, p. 25 : « Il est remarquable que les gravelures, du reste légères, des Proverbes, ne sont jamais “plaquées”, comme c’est trop souvent le cas dans les Parades, mais qu’elles peuvent être considérées comme une peinture de mœurs. Ainsi les maladies vénériennes ne sont pas de simples “ornements”. »

[23Carmontelle, Le Boudoir, dans Théâtre du XVIIIe siècle, II, op. cit., sc. 1, p. 759.

[24Ibid., sc. 5, p. 765.

[25Ibid., « Explication des Proverbes », p. 777.

[26Alain Beretta, « L’évolution d’un genre dramatique », art. cité, p. 179.

[27Ibid., p. 180.

[28Carmontelle, Proverbes dramatiques, Paris, chez Lejay, 1773, tome premier, p. XI.

[29Ibid., p. XIII.

[30Ibid., à la suite.

[31[Adrien-Jean-Quintin Beuchot], « Carmontelle », dans Biographie universelle, Paris, Michaud frères, 1813, t. VII, p. 167-168.

[32Comtesse de Genlis, Mémoires inédits de Madame la comtesse de Genlis sur le dix-huitième siècle et la révolution françoise, depuis 1756 jusqu’à nos jours, 2e édition, Paris, Ladvocat, 1825, vol. 6, p. 39.

[33Comtesse de Genlis, « Notice sur Carmontel », dans Proverbes et comédies posthumes de Carmontel, précédés d’une notice par Madame la comtesse de Genlis, Paris, Ladvocat, 1825, p. VI-VII.

[34Ibid., p. III-IV.

[35Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval, « Éditer le théâtre de société : le cas de Carmontelle », art. cité, p. 325.

[36Sylvain Ledda, « Musset et le proverbe. Écriture et structure », Styles, genres, auteurs, 12, 2013, p. 146.

[37Alain Beretta, art. cité, p. 185.

[38Voir Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval, « Le personnage de l’amant malgré lui chez Marivaux, Carmontelle et Musset », Revue d’Histoire Littéraire de la France, janvier 2006, no 1, p. 37-46.

[39Alain Beretta, art. cité, p. 186.

[40Jean-Hervé Donnard, Le Théâtre de Carmontelle, op. cit., p. 103.


Pour citer l'article:

Frank LESTRINGANT, « Proverbes dramatiques de Carmontelle » in Théâtres en liberté du XVIIIe au XXe siècle. Genres nouveaux, scènes marginales ?, Actes du colloque international organisé les 31 mai et 1er juin 2013 par Valentina Ponzetto à l’Université de Genève avec le soutien du Fonds National de la recherche Suisse ; publiés sous la direction de Valentina Ponzetto (FNS / Université de Lausanne) avec la collaboration de Sylvain Ledda (CÉRÉdI – EA 3229).
(c) Publications numériques du CÉRÉdI, "Actes de colloques et journées d'étude (ISSN 1775-4054)", n° 19, 2017.

URL: http://ceredi.labos.univ-rouen.fr/public/?proverbes-dramatiques-de.html

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